Il n'y aura pas d'UMA sans le peuple sahraoui

Selon une dépêche de l’AFP, le ministre marocain des Affaires étrangères Taieb Fassi Fihri a indiqué dimanche 19/04/2009, à Tripoli, que son pays souhaitait une normalisation « au plus tôt » de ses relations avec l’Algérie ainsi que l’ouverture de la frontière entre les deux pays, fermée depuis 1994. »Nous caressons tous l’espoir au Maroc que la possibilité d’une normalisation avec l’Algérie puisse se faire au plus tôt et dans les meilleurs délais », a déclaré M. Fihri en marge d’une réunion des chefs de diplomatie des cinq pays de l’Union du Maghreb arabe (UMA). »Nous proposons depuis plus de trois ans que le conflit du Sahara évolue aux Nations unies et que ce problème n’ait plus d’impact direct sur les relations bilatérales ou sur les perspectives de construction de l’UMA », a-t-il dit à des journalistes. »C’est une solution +gagnant-gagnant+ à tous les niveaux », a estimé le ministre marocain.Fondée le 17 février 1989 par l’Algérie, la Libye, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, l’UMA est en panne depuis 1994, date de son dernier sommet régional, en raison de différends politiques, notamment entre l’Algérie et le Maroc sur le conflit du Sahara occidental.

Tant que le Maroc occupe illégalement le Sahara Occidental au mépris des résolutions du Conseil de Sécurité et de l’UA, l’Algérie n’acceptera jamais de normaliser les relations avec le Maroc. Tout retour à la normalité passe obligatoirement par le recouvrement du peuple sahraoui de ses droits légitimes à l’autodétermination et à l’indépendance.

Au moment où le Maroc pleurniche pour l’ouverture des frontières avec l’Algérie, il profite du cessez-le feu imposé par les Nations Unies pour renforcer son arsénal militaire.
Ainsi, selon le journal digital « Tout sur l’Algérie », les Etats-Unis ont entamé il y a quelques jours les livraisons des premiers avions de combat F-16 au Maroc,d’après une source de défense occidentale. Ces livraisons, dont le nombre n’a pas été précisé, font partie d’une commande globale de 24 avions de ce type passée par le Maroc en 2008 auprès du constructeur américain Lockheed Martin pour un montant total de 2,4 milliards de dollars. Rabat s’était tourné vers Washington après l’échec des négociations avec Paris pour l’achat d’avions français Rafale.Les avions acquis par le Maroc sont des appareils multirôles d’attaque et de supériorité aérienne, selon notre source. Ils sont équipés de systèmes avancés, semblables à ceux fournis par les Américains à des pays alliés comme Israël, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Egypte. En plus des F-16, le Maroc vient de finaliser l’équipement de ses avions Mirage avec les nouveaux « radars à antenne active », selon la même source. Fournie par le groupe français Thalès dans le cadre d’un contrat signé il y a trois ans, cette technologie est l’une des dernières utilisées dans l’aviation militaire. Elle permet notamment à l’avion équipé d’un tel radar de disposer de fonctionnalités que les radars classiques n’offrent pas. Selon la même source, le Maroc vient de recevoir sa première frégate française de type Fremm. Il s’agit d’une frégate multimissions de dernière génération qui sera utilisée par la marine marocaine dans différentes missions. « Dans le domaine maritime, les Marocains ont des besoins importants, comme par exemple protéger leurs zones de pêche », explique notre source.

D’autre part, une dépêche du journal espagnol El PAIS, daté du 14/12/2008, indique que le gouvernement marocain a doublé son budget pour la défense en 2009 pour atteindre 3.206 millions d’euros, ce qui équivaut à 16% du budget de l’Etat.
Le journal précise que Rabat devra payer dans les prochaines années l’acquisition de 24 F-16 et une frégate française. Le Maroc contruit, en plus, una base navale à Ksar Sghir, voisine de Ceuta, dont le budget monte à 129 millions d’euros.

En 2008, le Conseil de Ministres espagnol accordait vendre au Maroc des lanceurs de bombes d’aviation pour le prix symbolique d’un euro. Ces lanceurs de bombres à fragmentation, interdites par l’administration Obama, sert à équiper les chasse-bombardiers Mirage F-1 de la Froce Aérienne Marocaine, étant donné que les F-5 sont dans la dernière phase de vie. Ce cadeau espagnol a été ajouté aux six torpilles du type MK-46 MOD.2 déjà vendues au Maroc pour le même prix symbolique d’un euro dans le cadre de « l’amélioration des relations bilaterales ».

En 2007, Mathieu Durand, responsable de Dassault Aviation, avait confirmé au salon aéronautique du Bourget, ouvert du 18 au 24 juin 2007, que les négociations entre les gouvernements français et marocain au sujet de la commande d’une dizaine d’avions de combat Rafale était en phase finale. Cet achat a été financé par l’Arabie Saoudite.
Cette course à l’armement est une préoccupation profonde pour l’Algérie et le peuple sahraoui, au moment où le conflit maroco-sahraoui est entre les mains des Nations Unies et où le Maroc fait face à une situation sociale et économique alarmante. D’autant qu’on assiste à un revirement de la politique du Maroc vis-à-vis du conflit sahraoui et à son option pour l’escalade, qui signifie une volonté d’agression contre la RASD, les Nations Unies, la légalité internationale et surtout la stabilité de la région.

L’édification de l’UMA ne peut se faire dans un air de course à l’armement, la violation quotidienne des droits de l’homme, le trafic de drogue et le mépris envers les voisins.

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