Le 20 mai, une date historique pour le peuple sahraoui

« La révolution à Saguia El Hamra et Rio de Oro s’est déclenchée parce qu’il existe un peuple. Ce peuple possède son identité nationale, sa propre civilisation, ses propres principe, ses propres valeurs, sa propre organisation. Ce peuple existe et survivra à la trahison du colonialisme, à l’agression des régimes réactionnaires et à leurs manœuvres » 

                                                El Ouali Mustafa Sayed, secrétaire Général du Front Polisario

  

 Le 20 mai 1973, un groupe de maquisards sahraouis attaqua le poste espagnol d’El Khanga, à l’est de la ville de Smara. Le poste a été mis sous contrôle sans qu’un coup de feu ne soit tiré. Cette opération annonçait le déclenchement de la lutte armée dans le Sahara Espagnol, connue aujourd’hui sous le nom du Sahara Occidental. Dix jours avant, le 10 mai précisément, le congrès constitutif du Front Polisario s’est déroula sous le slogan « C’est par le fusil que nous arracherons la liberté ».

 De 1973 à 1975, le bras armé du Front Polisario – qui deviendra à partir du deuxième Congrès, en août 1974, l’Armée de Libération Populaire Sahraouie, ALPS, – est mal équipé, sans grande formation ou instruction militaire, et de ce fait réduit à une guerre de guerrillas à petite échelle. Il faudra attendre 1974 pour que le Polisario reçoive le soutien extérieur de la Lybie et, fin 1975, de l’Algérie.

 

En fait, l’aide algérienne coïncide avec l’invasion militaire maroco-mauritanienne qui commence dans les derniers jours d’octobre 1975, avant même la Marche verte (6 novembre) et les accords de Madrid (14 novembre).

L’objectif du Front à cette époque est de protéger la population civile qui fuit les villes dans le dénuement total pour échapper aux exactions des troupes d’occupation vers des camps de réfugiés installés à l’Est du territoire.

 Les colonnes de réfugiés (femmes, enfants et vieillards) se dirigeant sur Oum Dreiga, Tifariti, Mahbès, Guelta Zemmour, Amgala, Tifariti, Mheiriz, sont soumis aux bombardements au napalm et au phosphore de l’aviation marocaine, le 18 février 1976. Le 20 et le 23 ce sont les camps eux-mêmes qui subissent le même sort. Les réfugiés qui en échappent parviennent, épuisés, mutilés, brûlés, dans la région de Tindouf où le Polisario installe des campements.

Le 26 février 1976, l’Espagne annonçait officiellement son retrait de son ex-colonie. Le lendemain, le 27 février, le Front Polisario proclamait la naissance d’une nouvelle république : La République Arabe Sahraouie Démocratique. Après la bataille d’Amgala, le Polisario décrète l’offensive généralisée contre les forces d’occupation.

 A la fin de l’année 1977 et au cours de l’année 1978, la France et le Maroc agirent de concert avec la Mauritanie pour stopper les attaques répétées du Front Polisario contre le bassin minier de Zouérate, véritable poumon de l’économie mauritanienne. Six avions Jaguar, basés à Dakar, appuyèrent dès novembre 1977 les unités mauritaniennes. Oui, deux pays africains et une puissance occidentale contre un peuple constitué, au début, de nomades mal armés.

 Début 1979, l’ALPS lance l’offensive Houari Boumédienne, ainsi en hommage au président algérien qui vient de s’éteindre. Les attaques arriveront jusqu’aux bases de logistique du sud marocain (Tan-Tan, Zak, Tata, etc…) Les sahraouis mettent en déroute plusieurs unités marocaines, capturent des centaines de prisonniers, récupèrent véhicules, chars, armement, carburant…

Le 5 août 1979, est signé à Alger un accord de paix entre le Front Polisario et la Mauritanie. Par cet accord, notamment, « la République Islamique de Mauritanie déclare solennellement qu’elle n’a et n’aura pas de revendications territoriales ou autres sur le Sahara Occidental ». Elle

Décide de sortir définitivement de la guerre injuste du Sahara Occidental suivant les modalités arrêtés en commun accord avec le représentant du peuple sahraoui, le Front Polisario. Neuf jours plus tard, le 14 août, le Maroc envahit la zonne du Sahara Occidental qui était occupée par la Mauritanie.

Désormais, toutes les forces sahraouies sont dirigées contre les troupes marocaines. Le théâtre des opérations dépasse largement le territoire sahraoui. Le Polisario pousse ses attaques jusdu’au Oued Drâa (plusieurs centaines de kilomètres à l’intérieur du Maroc), coupant ainsi la route au renfort des troupes marocaines.

A partir de 1980, le Maroc entreprend la construction en plusieurs étapes du mur de défense, une très longue muraille de 2.500 kilomètres, d’une hauteur moyenne de 3 mètres et d’une largeur de 2 mètres. Sous terre, il abrite un système sophistiqué avec des batteries d’artillerie et un épais réseau d’écrans-radars. Par ce système, on détecte tout ce qui approche à 60 km de distance.

S’adaptant à la situation nouvelle issue de l’édification des  » murs « , l’ALPS au lieu de s’engager dans une guerre de positions, impose une guerre d’usure aux forces marocaines. Elle choisit le lieu, le moment de ses attaques qui provoquent des pertes importantes dans les rangs adverses.

 Les victoires militaires et diplomatiques se sont multimpliées forçant le roi Hassan II à accepter le plan de paix sous les auspices des Nations Unies, entamé par un cessez-le-feu en 1991 et qui devait se clôturer par un référendum. Et 34 ans après, le peuple sahraoui attend toujours le jour où il pourra se prononcer librement sur son avenir. Pire encore, la communauté internationale se tait devant les violations des droits humains à l’encontre des sahraouis qui affrontent quotidiennement les affres de la colonisation marocaine.

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