L'instrumentalisation du terrorisme

L’attentat, qui avait fait 14 morts dont 11 ingénieurs français en 2002, ne serait pas lié à Al-Qaïda mais commis en représailles au non-versement de commissions de la France au Pakistan dans le cadre de la vente de sous-marins.

L’enquête sur l’attentat de Karachi en 2002 contre des salariés des arsenaux d’Etat DCN s’oriente non plus vers Al-Qaïda, mais vers une “affaire d’Etats” dans laquelle apparaissent les noms d’Edouard Balladur, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

Selon l’avocat de sept familles de victimes, Me Olivier Morice, qui a rencontré jeudi 18 juin les juges antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier, “la piste Al-Qaïda est totalement abandonnée. Le mobile de l’attentat apparaît lié à un arrêt des versements de commissions” de la France au Pakistan, dans le cadre de la vente de sous-marins Agosta, précise l’avocat.

Cette affaire de l’attentat de Karachi de 2002 faussement attribué officiellement à Al Qaïda, est l’arbre qui cache la forêt. Les gouvernements vont parfois même jusqu’à instrumentaliser, commanditer ou faciliter l’action terroriste afin de créer une crise qui leur sera profitable.

Ainsi, on a découvert récemment que de nombreux attentats attribués aux anarchistes et aux Brigades Rouges, dans les années 1970 en Italie et en France, était en fait l’œuvre de groupes d’extrême-droite téléguidés par certaines factions de la classe dirigeante. Cette «stratégie de la tension» vise à déstabiliser une société afin de provoquer un désir d’ordre favorisant les solutions autoritaires.

Le Maroc en a profité, pour faire exploser, en 1977, la voiture de l’ambassadeur mauritanien à Paris en jetant la responsabilité sur une organisation fictive appelée « Commando Brigades Rouges El Ouali Mustafa ».

Le Maroc essaie d’utiliser le problème du terrorisme en vue d’éterniser son occupation du Sahara Occidental, objectif qui n’a rien à voir avec la lutte contre le terrorisme.

De toute évidence, la récidive des mises en scène médiatique de Rabat ajoutée aux fuites répétées qui permettent aux médias de se trouver sur les lieux des interpellations permettent une plus large médiatisation des opérations d’interception des prétendus réseaux islamistes démantelés dans les villes du Sahara Occidental et ailleurs pour susciter la peur des sahraouis. Pour conditionner la position espagnole en vue de la visite de l’Envoyé Spécial Christopher Ross, l’agence makhzénienne MAP annonçait que cinq personnes soupçonnées d’appartenir à une cellule terroriste opérant entre le Maroc et l’Espagne ont été arrêtées le 24 juin au Maroc. Selon cette agence, il s’agit de cinq hommes appartenant à la mouvance radicale Salafiya Jihadia et dont le chef répond au pseudonyme d’Abou Yacine, a-t-on ajouté de même source.

Cette cellule opérait entre le Maroc et l’Espagne. Les cinq suspects sont d’origine marocaine et résidaient à Ceuta, enclave espagnole sur la côte méditerranéenne du Maroc, selon cette source.

Et le comble de cette annonce c’est qu’il fait allusion à un pays aussi respectable que la Suède parce que celle-ci s’est montré préoccupée par les graves violations des droits de l’homme commis par Rabat au Sahara Occidental et s’est prononcée, à plusieurs reprises, en faveur des droits légitimes du peuple sahraoui.

Le Maroc est allé loin dans son objectif d’instrumentalisation de la lutte antiterroriste jusqu’à en créer toute une diversité de noms d’organisations islamistes que le monde ignore entièrement. La liste des noms de mouvements intégristes s’est enrichie avec « l’apport marocain ». Ainsi, on a entendu parler, après Al Qaida et Al Qaida au Maghreb Islamisque, de Takfir Wal Hijra, Salafia Jihadia, Ansar Al Mehdi (créée pour emprisonner le défenseur des droits de l’homme du Rif) Jound Allah, Addaawa wa Tabligh, Al Moujahidoun, Jamaat almourabitine aljoudoud…Même en Algérie, il n’y a pas eu autat de noms lors de la l’abominable décennie de terreur traversée dans les années 1990.

Cela sent la manipulation dans le but d’incruster dans la pensée espagnole l’idée que l’Espagne ne peut pas se passer des services de sécurité marocains pour sa propre sécurité et, en diabolisant la population sahraouie, légitimer la guerre contre le peuple sahraoui, qui permettra aux seigneurs féodaux de la monarchie de faire main basse sur les ressources naturelles de la région, et la soustraire de toute prétendue influence algérienne, principal cauchemar des autorités chérifiennes.

Certes, il ne faut pas sous-estimer la mouvance terroriste, mais les Etats qui utilisent les mots d’ordre antiterroristes à des fins politiques transforment le problème en bavardage, ce qui est pire encore que l’inefficacité des services secrets. Nous y perdons tous à long terme. Cela réduit l’efficacité de l’activité antiterroriste dans le monde entier et constitue une preuve irréfutable de la volonté des autorités de Rabat de se passer de la sécurité et la stabilité dans le Maghreb et le bassin méditerranéen pour affirmer l’annexion du territoire du Sahara Occidental.

Le vrai ennemi des peuples nord-africains, c’est ce Maroc qui, de par sa politique, qui met en oeuvre les conditions engendrant la violence, la misère et le désespoir. Tous les moyens sont bons pour arriver à étendre son hégémonie sur toute la région.

Malheureusement, l’UMA n’est pas possible en l’absence de toute volonté de la part du Maroc d’en finir avec les litiges frontaliers. C’est à se demander si ses dirigeants ne se seraient-ils pas acclimatés à l’ambiance de tension qui règne depuis plus de trois décennies ?

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