La honte de la société marocaine

La diplomatie algérienne tient un discours constant et sans faute prouvant qu’elle ne nourrit aucune animosité envers les voisins marocains. Les autorités algériennes ont toujours répété que « l’Algérie n’est ni le tuteur, ni le porte-parole des Sahraouis, que les parties en conflit sont le Front Polisario et le Royaume du Maroc. L’Algérie s’en tient au plan de règlement, à la légalité internationale et à l’accord de paix qui a été adopté par les Nations unies ». Le discours du gouvernement algérien est catégoriquement clair : l’Algérie ne se sent plus concernée par le problème sahraoui, qui est un problème de l’ONU. 
Depuis des années, la diplomatie et la presse marocaine font une fixation sur le pays frère et voisin qu’est l’Algérie dans le but de détourner l’attention du peuple marocain de la situation de son frère, le peuple sahraoui. 
A la fixation stérile de la diplomatie marocaine, s’ajoute une hystérie collective de la presse qui ne surprend plus, alors qu’elle ferait mieux de se regarder le nombril et de traiter le problème avec un minimum d’objectivité et d’intelligence. Les accusations de « politique d’hégémonie et d’expansion territoriale des gouvernants algériens, la recherche d’un accès à l’Atlantique, etc. » font partie d’un discours qui ne vise qu’à monter le peuple marocain contre l’Algérie dans le cadre de la vieille politique conspirationniste de l’ennemi extérieur à chaque fois que le régime marocain se trouve en difficulté par rapport au conflit du Sahara Occidental ou à une contestation populaire.
Pas plus loin qu’il y a deux semaines, le conseiller royal Mohamed Moâtassim a réuni les leaders de plusieurs partis politiques pour les inciter à condamner la tentative de rupture du jeûne en public, initiée par le mouvement MALI. Selon Moâtassim, un “complot étranger” vise à déstabiliser le royaume à travers ce genre d’actions. Pire, Moâtassim a mis dans le même sac les émeutes sociales de Sidi Ifni et Sefrou.
Tel que décrit par Larbi sur son site : »La caricature ne saurait atteindre son paroxysme d’hypocrisie sans les éditorialistes, les observateurs et la presse, qui montent au créneau pour faire face « aux monstres », à l’horrible ennemi de l’intérieur. Tel cet éditorial du journal du premier-ministre qui dénaturalise les manifestants avec des propos théologiques dignes des talibans. Tel ce directeur de quotidien, converti depuis peu à la prostitution éditorialiste, qui croit fermement déceler un complot des services secrets espagnoles qui recrutent à tour de bras du confrère journaliste au manifestant anti-jeûne. » 
Il est temps d’arrêter l’hystérie des dirigeants marocains, cet état d’esprit qu’ils ont transmis délibérément au peuple marocain pour le transformer en hystérie collective contre le peuple sahraoui. Une hystérie contre le peuple sahraoui déguisé en hystérie contre l’Algérie. Pour cela, le gouvernement marocain n’a que les calomnies, les mensonges et la désinformation pour éviter tout débat de fond. Il a semé un brouillard tellement épais qu’il aveugle le peuple marocain jusqu’au point de vouloir le génocide pour le peuple sahraoui frère. Les manipulations de Rabat ont fait de la population marocaine des esclaves pliés à sa volonté et de chair à canon pour ses folles aventures de conquête. 
Pourquoi, après Ilal Amam, Annahj Addimouqrati est le seul parti qui a pris une position honorable dans la question du Sahara occidental? Pourquoi il est le seul à avoir dit que « c’est aux sahraouis de décider démocratiquement de leur avenir? » Pourquoi il est le seul à voir la réalité qui est que, 34 ans après « la marche verte », l’Etat marocain se démêne toujours (sans lueur d’espoir) dans le bourbier où il s’était jeté aveuglement. Aujourd’hui, seuls les marchands des armes, les généraux et autres sécuritaires en tirent profit. L’Etat marocain , avec l’appui de la France, son fidèle protecteur, préconise toujours la politique de l’autruche. Le peuple marocian paie la lourde facture. Le coût socio-économique de ce conflit a contribué énormément à la paupérisation flagrante de la population marocaine, alors que son roi et sa clientèle s’enrichissent de plus en plus.
Même l’AMDH (Association Marocaine des Droits de l’Homme) refuse de condamner les atrocités commises contre la population sahraouie, une population sans défense qui doit faire face à un appareil de répression des plus puissants en Afrique. Une force de répression qui constitue l’ennemi commun des deux peuples marocain et sahraoui. Sur son site, nous pouvons voir comment cette association condamne la répression subie par les jeunes de l’association MALI, sur le décès d’Aicha Mokhtari suite à l’échec de sa tentative d’obtenir un visa pour se soigner en France, comment elle exprime sa solidarité avec les 850 travailleurs de SMESI suspendus du travail pour lesquels elle a organisé une caravane de solidarité vers Khouribga. Par contre, pas un mot sur le supplice que la population sahraouie vient de subir entre le 15 et le 19 septembre à Laayoune, à Smara et à Boujdour à cause d’une manifestation pacifique pour revendiquer le droit de s’exprimer dans un référendum d’autodétermination. 
L’histoire retiendra la honte de la société marocaine qui a choisi de suivre ses tortionnaires au lieu d’écouter les appels de détresse d’un peuple frère dont le seul crime est de défendre ses droits légitimes à l’indépendance et à l’épanouissement. Un peuple qui, à l’instar des voisins algériens, mauritaniens et maliens, refuse de se prosterner à des ambitions expansionnistes dénudées de toute justification et de toute raison.

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