La diaspora marocaine s'en prend aux sahraouis

Être femme et porter la melhfa, la toilette typique des femmes du Sáhara Occidental étaient hier les motifs pour lesquels la chanteuse sahraouie, Mariem Hassan et quelques membres de son groupe, ont été, d’abord, insultés à cause des vêtements qui dénonçaient son origine, et ensuite, physiquement agressés. Ainsi l’a expliqué à la presse le représentant de la célèbre artiste, Manuel Domínguez. 
Les faits se sont produits à environ 08.45, lorsque Mariem, accompagnée par la danseuse et percussionniste Vadiha Mint El Hanevi et le guitariste Lamgaifri Brahim se disposaient à déjeuner dans un snack-bar situé dans la place de Tirso de Molina (Madrid) avant de commencer les essais d’enregistrement de son dernier disque, dont les studios se trouvent dans les environs. 
Soudain, ils ont été surpris par les insultes de cinq jeunes marocains, trois garçons et deux filles, qui leur ont lancé tout type d’injures, motivés par ses vêtements et origine. La situation a empiré quand les musiciens ont répondu aux proclamations politiques comme : « Sahara marocain! », en répliquant « : Sahara libre! » ou : « Sahara Polisario! ». 
Loin de finir, l’échange verbal a passé au plus grave quand divers marocains se sont élancés contre la chanteuse et ses accompagnateurs. La danseuse corpulente et le guitariste ont évité que Mariem soit agressée et ont essayé de repousser l’agression. Malgré cela, ils ont reçu des coups de poing. Le son d’une sirène proche a fait fuir les attaquants. Trois d’eux, les garçons, ont réussi à prendre un taxi et ont abandonné le lieu. 
La première agression physique 
Hier soir, après une journée marathonienne d’essais matinaux dans le studio Nube Negra, et l’enregistrement l’après-midi de quelques chansons, les musiciens sont allés porter plainte dans un commissariat. « Pour laisser une constance, plus qu’autre chose, des coups reçus par les deux personnes qui accompagnaient l’artiste, l’une d’elles, la percussionniste, dans un bras », expliquait son représentant, Domínguez. 
Il a signalé qu’ils « sont habitués à être insultés par des Marocains mais, jusqu’à présent, ils n’avaient jamais été physiquement agressés. C’est la première fois que cela arrive en Espagne ». Finalement, il a expliqué que « c’était une attaque au groupe sahraoui, non à la chanteuse, qu’ils ne l’ont pas reconnue ». 
Mariem, connue comme « la voix du désert », est considérée comme la voix la plus représentative du Sahara Occidental. Elle est toute une idole dans son pays. Elle venait d’arriver à Madrid provenant de l’Italie, après avoir participé au Womad Sicily (Taormina). 
« Mon mari m’a déjà dit de ne pas sortir seule avec la melhfa », a déclaré Mariem. Ce n’est pas le premier incident de cette nature. Elle a connu des problèmes semblables à Stockholm, à Amsterdam ou Caceres. 
Les ambassades et consulats marocains mobilisent des contingents de la diaspora marocaine pour provoquer les diverses manifestations organisées par les associations de solidarité européennes et les représentations du Front Polisario en Europe. L’un des membres de la diaspora sahraouie à Bruxelles a déjà été menacé par un membre de ces groupes. 
L’athlète sahraoui Salah Eddine Ameidan a été, à son tour agressé le 29 mai dernier lors d’un meeting international à Pézenas, ville du département de l’Hérault dans le sud de la France. L’agression s’est soldée de plusieurs blessures au dos et l’a empêché de participer à la compétition. Les agresseurs ont été identifiés comme d’origine marocaine et vivant dans la ville de Béziers, ville de l’Hérault. 
Ces agressions sont le fruit de la haine qui sème le gouvernement marocain parmi les citoyens marocains. Les autorités marocaines n’hésitent pas à mobiliser les masses marocaines comme c’était la pratique du régime nazi qui a poussé la population civile à perpétrer le massacre des juifs dans plusieurs pays européens pendant la 2ème Guerre Mondiale.

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