Quelques exemple de propagande

Un tribunal d’Almeria a condamné, au mois de juin 200ç,  Saïd Ida Hassan et la MAP à 12 000 euros d’amendes pour diffamation et atteinte à l’honneur du journaliste Ali Lmrabet. N’écoutant que son «patriotisme», IDA Hassan s’était rendu de Madrid à Almeria en avril 2005 pour bizuter une conférence sur l’immigration que donnait Lmrabet à l’université d’Almeria. Le correspondant de la MAP n’y est pas allé par quatre chemins. Il avait pris la parole en se présentant comme correspondant de la MAP et membre du Syndicat national de la presse marocaine pour faire le procès du journaliste. Il l’a accusé d’avoir écrit dans un journal espagnol que «tous les Marocains résidant en Espagne étaient des terroristes». Ce que le journaliste avait oublié est qu’il était en Espagne et qu’il serait dans l’obligation d’apporter les preuves de ses assertions devant un tribunal. Ali Lmrabet a estimé que le chef de bureau de la MAP était en mission commandée, qui n’avait rien à voir avec son métier de journaliste, l’avait attaqué en justice en exigeant qu’il fournisse à la justice l’article où il aurait accusé les Marocains vivant en Espagne d’être des terroristes. L’article n’existait pas bien entendu et Ali Lmrabet trop bon journaliste et trop respectueux des Marocains pour écrire une telle ânerie. L’assertion faite en public était clairement du dénigrement à l’encontre d’un journaliste en rupture de ban et interdit d’exercer dans son pays. Le fait que ces accusations viennent du chef du bureau de l’agence de presse officielle montrait clairement une confusion entre journalisme et police politique. Le chef du bureau de la MAP a d’ailleurs récidivé en prenant la parole pour insulter le militant sahraoui, Ali Salem Tamek, lors du Forum social de Barcelone. Le service d’ordre du Forum l’a expulsé de la salle. La victoire de Lmrabet est totale. Le Tribunal a condamné Saïd Ida Hassan et l’agence MAP qui n’ont pu produire l’article en question à payer solidairement 12.000 euros à Ali Lmrabet, à publier la sentence dans deux journaux espagnols et à assumer les frais de justice.

La victoire d’Ali Lmrabet est d’autant plus totale qu’en février 2008, la cour d’appel de Madrid avait débouté le même chef du bureau de la MAP ainsi qu’un de ses collègues, Mansour Madani, actuellement correspondant à Paris, à propos d’un article de Lmrabet dans El Mundo, intitulé «une armée de mouchards». Lmrabet y accusait les journalistes de servir d’informateurs aux services marocains. Condamné dans un premier jugement, Ali Lmrabet a gagné en appel le procès qui lui était intenté par les journalistes de la MAP.

La MAP et les services marocains

Au sujet des liens entre l’agence MAP et les services marocains (DGED), la cour d’appel a donné raison à Lmrabet. «La relation entre l’agence d’information marocaine, MAP, et la direction générale d’études et de documentation, DGED, est suffisamment prouvée sur la base des reportages déjà publiés dans d’autres médias de communication de ce pays (Maroc), et qui sont présents dans ces actes», avait estimé la cour d’appel espagnole. La cour d’appel madrilène avait condamné aux dépens les deux correspondants de la MAP. Pour rappel, Ali Lmrabet a été condamné en 2003 à quatre ans de prison ferme pour «outrage à la personne du roi», «atteinte à l’intégrité territoriale» et «atteinte au régime monarchique». Il a été gracié en janvier 2004 avec six autres journalistes. En Avril 2005, Lmrabet, qui exerce au journal espagnol El Mundo, avait été condamné par un tribunal de Rabat à une amende de 50.000 dirhams et à dix ans d’interdiction d’exercer le journalisme. On lui reprochait un reportage sur les Sahraouis à Tindouf. Et, surtout, une déclaration à un hebdomadaire marocain où il estimait que les Sahraouis n’étaient pas séquestrés à Tindouf et pouvaient se déplacer librement. Un sacrilège portant atteinte à un élément central du discours-propagande marocain sur le Sahara occidental.


Pour convaincre l’opinion marocaine que les sahraouis sont des séquestrés, la MAP et ses complices de la presse marocaine n’hésitent à présenter des photos prises au Maroc comme étant des camps des réfugiés à Tindouf. Voici quelques-unes :

Un bidonville au Maroc (Courrier International Blogs)

Des citoyens du sud du Maroc qui regardent quelque chose derrière un grillage (animaux, peut-être?) Le drapeau rouge derrière est la preuve qu’ils se trouvent au Maroc. En plus, la façon de mettre le turbant et la djellaba sous le manteau bleu est une autre preuve qu’il s’agit de citoyens de la région de Guelmim, Tata, etc…

Cette petite fille a été présentée par le site marocain Bladi.net comme réfugiée sahraouie. Ses traits et ses vêtement ne laissent aucun doute qu’il s’agit d’une jeune fille asiatique de la région d’Azerbaïdjan ou environs.
Pour voir le contexte de ces photos, tapez « séquestrés de Tindouf » sur la recherche d’images Google.

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