Le régime du parti unique avance d'une manière inexorable au Maroc

LE PAM MANGE DU TERRAIN
La réorganisation de la carte politique interne marocaine et l’imposition de la part du régime de Mohamed VI d’une structure autonome dans le Sahara Occidental vont produire, ce mois d’octobre, des résultats irréversibles. Ainsi l’attendent les analystes et les observateurs diplomatiques occidentaux dans la capitale du Royaume Aalaouite.
Pedro Canales. Rabat, 08-10-2009
Le « parti des amis du monarque » (PAM), comme il est populairement connu au Maroc le Parti de l’Authenticité et de la Modernité créé ex-nihilo par l’ami et confident de Mohamed VI, Fouad Ali El Himma, accapare tous les postes sensibles de l’Administration politique territoriale. Walis, gouverneurs, maires, présidents de région, se mettent, un par un à grossir les files du PAM. Là où le « parti du roi » a une majorité ou dispose d’une coalition qui le soutient, emporte la tête locale de l’Administration. Là où, traditionnellement, la gestion revenait aux partis comme l’Istiqlal, les socialistes ou les Indépendants, et même aux partis de la droite, les dirigeants régionaux passent, avec armes et bagages, au PAM.
Dans les dernières élections communales de juin, le PAM est apparu comme premier parti voté, devançant l’Istiqlal, les socialistes, le regroupement d’indépendants, et même les islamistes du PJD. Avec plus de six mille édiles, la jeune organisation d’à peine un an d’existence, a emporté la majorité des mairies dans le milieu rural. Dans les élections partielles récentes pour renouveler un tiers des « sénateurs », le PAM a de nouveau été le plus voté.
La stratégie politique du « parti du roi » est simple : là où il peut, il impose ses candidats en solitaire. Au cas où il n’obtient pas de majorité, il établit des coalitions avec n’importe quel parti qui soit prêt à le faire. De cette façon, il a emporté, entre autres, les mairies de Tanger et de Marrakech. Le nouveau-né pourrait obtenir la Présidence de la Chambre des Conseillers pour Mohamed Cheikh Biadillah, un sahraoui qui a déjà été ministre avec Hassan II et, curieusement, il est le frère de l’un des chefs de la sécurité militaire du Polisario.
« Une fois achevées les élections locales et régionales, que le PAM emporte par le vote, le Roi mettra en place le Comité pour le Sahara chargé d’implanter l’autonomie dans la région », affirme Dahi Aguaï à El Imparcial, un sahraoui qui préside l’APDP, une association de disparus dans le Polisario. Dahi Aguaï a été ces derniers jours en Espagne pour défendre devant quelques organisations de défense des droits de l’homme et des droits individuels, comme la Fondation Miguel Angel Blanco ou l’association Carta Mediterranea, la solution de l’autonomie régionale pour le Sahara Occidental comme « la plus prometteuse et la seule possible « .
« Le Comité que le Roi va mettre en place devrait être composé principalement de sahraouis, qui sont ceux qui peuvent obtenir le succès de l’Autonomie et qui connaissent la problématique familière et tribale dans le Sáhara », affirme Aguaï.
Mohamed VI a réaffirmé devant l’ONU que son pays respectera les accords et les résolutions des Nations Unies et le dialogue entrepris avec le Front Polisario, mais en même temps il s’est engagé à mettre en place le processus régional « sans attendre » les solutions de l’extérieur. « C’est la meilleure option pour le Polisario, s’il sait la mettre à profit », affirme Dahi Aguaï.
Le mouvement indépendentiste, pour sa part, réclame l’organisation du Référendum d’autodétermination, inscrit dans la Charte des Nations Unies, et accepté par toutes les Résolutions adoptées jusqu’à présent par le Conseil de Sécurité, mais il n’obtient pas de résolution exécutive qui contraint le Royaume du Maroc à l’appliquer. Le Front Polisario a dénoncé, ces jour-ci, diverses arrestations de citoyens sahraouis et l’expulsion du Sahara d’un groupe d’activistes favorables à l’indépendance qui essayait d’entrer par la frontière de la Mauritanie. Entre ceux-ci, Sidi Mohamed Daddach, président de CODAPSO, Ahmed Soubaii, membre de l’alliance de protection des prisonniers dans les géôles marocaines, Elarbi Messaud membre de CODESA, Brahim Ismaili du Comité de Protection de la mémoire Sahraouie, et Atiko Baray, un activiste sahraoui.
Malgré les constantes dénonciations et les protestations de plusieurs organisations internationales de droits de l’homme contre les actions répressives policières marocaines, la situation dans le territoire du Sahara est toujours sous le contrôle de l’Administration marocaine.
EL IMPARCIAL, 8 octobre 2009

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