Le Maroc vise à saboter le processus des négociations

Cette femme d’apparence faible qui s’assoit, chaque matin, à l’aéroport de Lanzarote constitue le cri silencieux de tout un peuple qui refuse de perdre la liberté. Elle est une conséquence des barbaries qu’a commises et continue de commettre le gouvernement marocain contre le peuple sahraoui. Ce qui est en jeu c’est le droit de notre peuple d’être libre, mais l’essence de tout cela, c’est la dignité de toutes les femmes et hommes du Sahara Occidental, qui refusent d’être vilipendiez par un régime tyran et archaïque comme celui de Mohamed VI.
Chaque minute qui passe, le corps d’Aminatou Haider s’affaiblit un peu plus, jour après jour, minute après minute, loin de sa terre, de sa famille, de ses enfants. Elle compte déjà 31 jours en grève de la faim et a repoussé énergiquement la tentative du gouvernement espagnol de l’obliger à manger.
Au moment où cette activiste pacifique des Droits de l’homme est en grève de la faim, Barak Obama recevait le prix Nobel de la Paix et en assurant que parfois la guerre est nécessaire pour avoir la paix. Et il a aussi naturellement célébré, l’anniversaire de la chute du mur de Berlin mais : qu’est-ce qu’il pense du mur du Sahara Occidental? Un mur de plus de 2500 km miné et surveillé par l’armée qui isole la population sahraouie dans le désert, sans aucun moyen pour subsister.
Le châtiment imposé par le Maroc est disproportionné à l’action, il n’est pas établi dans aucune norme, et est contraire aux droits de l’homme basiques : la nationalité et le retour vers son propre pays. Mais les maîtres chanteurs de Rabat n’hésitent pas à exploiter tout incident pour dynamiter le processus de paix et il est prêt à dialoguer seulement si, au lieu de parler d’autodétermination, on parle d’autonomie. Et le pire c’est que le temps court en faveur du Maroc. Chaque jour que le conflit perdure est un jour de plus gagné par le Maroc pour s’accrocher à un territoire qui ne lui appartient pas.
Des voix marocaines de toute sorte se sont prononcées dans un ton menaçant, interprétées par la presse comme des mots de goût indubitable du chantage qui ne devraient pas avoir lieu entre des pays qui se considèrent comme des amis et qui ont beaucoup d’intérêts en commun.
Tout cela, met en évidence le régime marocain et surélève la dignité de la cause sahraouie.
Le sacrifice d’Aminatou est une solution extrême qui projette de laisser derrière les considérations humanitaires par rapport à elle- même pour qu’elle soit abordée la question politique exposée par le peuple sahraoui. Cela explique la délégitimation du gouvernement marocain et sa pression sur le gouvernement espagnol. Il n’y a aucun doute qu’elle a altéré les règles du jeu, d’un jeu dans lequel les sahraouis étaient exclus. Il y a des raisons pour penser que les solutions viendront si on comprend les nouvelles règles que Haidar expose lorsqu’elle exige de passer de l’humanitarisme à la politique. Dans le sillage de Ghandi, elle dit qu’elle ne veut pas de charité, mais de justice. Par conséquent, elle s’accroche à sa dignité. Celui qui ne comprend pas cela est condamné au repenti.
La disposition à sacrifier sa propre vie par ce que l’on croit juste, par ce que l’on interprète qui donne un plein sens à cette vie qu’on risque, a donné des exemples mémorables. Des exemples qui ont remarqué la lâcheté et l’ignominie de ceux qui étaient restés du côté de l’indignité ou, simplement, de l’indifférence. 
Haidar est devenue un grain très indigeste dans le couscous de Mohamed VI qui attend assis dans son jet-ski que Haidar lui demande pardon. Un bouffon a remis une note au petit monarque disant: « Profitez, Majesté, si vous attendez trop vous resterez sans neige à cause du réchauffement climatique ».
L’action d’Aminatou  nous met devant d’autres faits importants : l’appui ou ou non à la résolution des conflits par la résistance pacifique. Le rôle des femmes dans ce type de résistances. La valeur d’une mère, prête à défendre la dignité pour ses enfants, même si elle doit renoncer à eux.
Aminatou Haidar est tout le peuple Sahraoui. Sa situation n’est que le reflet d’une nation soumise. Et deux gouvernements qui devraient mourir de honte à cause des recours ridicules qu’ils ont pour résoudre ce problème.
La politique internationale, soumise au business, est un tissu complexe que personne ne veut découdre d’un coup et qui nuit seulement les faibles. Ce n’est pas seulement la France, c’est l’ONU, incapable et inutile comme à l’accoutumée. Ce sont les USA, pour qui le Maroc est décisif dans l’actuel panneau géopolitique de l’Afrique. Quand l’ONU prend une décision c’est parce que la pression des gouvernements qui ont plus de pouvoir et qui peuvent risquer davantage est exercée sur elle. Le principe de Justice est écarté même pour les accords signés. 

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