Le passe-temps de Mohamed VI

Son nom est Salama Charafi, 29 ans, et il se trouve à l’Hôpital Hassan II d’Agadir (Maroc) depuis décembre 2009. Il souffre d’une maladie rénale très grave depuis des années, et son état de santé est aujourd’hui pénible. Salama ne mange pas, ne parle pas, et il ne marche pas non plus. Il(elle) ne peut pas parce que, depuis plus d’un an et demi, les couloirs de la prison Enzagan (Agadir) sont devenus les couloirs de sa mort. Dans cette prison, il a été victime de trop de négligence médicale comme le manque de médicament ou de soins, en plus de la torture et du traitement vexatoire.

Salama est envoyé à une mort sûre. Lui et 11 autres personnes sont accusés d’avoir tué un policier marocain (avec une pierre !) lors d’une manifestation pacifique pour revendiquer le droit d’autodétermination du Peuple Sahraoui.
Il paraît qu’une seule pierre a été lancée par 22 mains à la fois (onze personnes) causant la mort d’un policier, pendant que les autres policiers chargeaient contre la foule armée, certes, uniquement de drapeaux du Front Polisario.
Mais il ne faut pas s’alarmer, ce cas n’est pas isolé. Salama n’est qu’un exemple de plus des pratiques de Mohamed VI, devenues son passe-temps favori à cause de son obsession pour l’annexion du Sahara Occidental. Une obsession, apparemment, héréditaire.
En réalité, le terrible délit que Salama Charafi a commis est de défendre son identité sahraouie d’une manière pacifique, ce qui est supposé être une atteinte à l’intégrité territoriale du Maroc. Une intégrité territoriale conquise au moyen de l’occupation forcée des foyers qu’un jour étaient partie composante de l’Espagne ; une intégrité territoriale maintenue grâce aux persécutions, emprisonnements, harcèlements et disparitions des activistes sahraouis, par le Maroc ; une intégrité territoriale soutenue par la passivité de la communauté internationale, qui réduit l’écho d’une lutte digne et juste, au silence le plus mesquin et sépulcral.
Etant donné que la vision universaliste des droits de l’Homme dans certains pays n’est qu’au préalable un argument économique, les résolutions de l’ONU ne manqueront pas si les intérêts de ces pays sont menacés. Ban ki-moon, à cause de ses petits yeux, n’est pas en mesure de voir ça.
Comparons la situation au Sahara Occidental avec la Guinée : 150 morts, mobilisation de toute la communauté internationale. Le Sahara Occidental vit depuis plus de 34 ans sous une répression des plus féroces mais bouche bée de la part de la communauté internationale car il s’agit du filleul de la France.
Depuis plus de 34 ans, la France fait fi du cri de détresse, atteintes aux droits et libertés élémentaires des sahraouis. S’agissant d’un autre régime que celui de Mohamed VI cela s’appellerait crime contre l’humanité, ou bien génocide ou bien crime de guerre…
La vision des valeurs universalistes défendues par la France et d’autres partenaires sont difficilement compréhensibles par les sahraouis. Le soutien inconditionnel de la France à un tel régime despotique et le vote, au sein du Conseil de Sécurité contre l’élargissement des compétences de la MINURSO pour surveiller le respect des droits de l’homme au Sahara Occidental, a largement contribué à la dégradation de la situation. Parallèlement, les médias français se chargeront de diffuser la « nouvelle image » du Maroc que l’Elysée veut vendre pour faire plaisir au palais royal.

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