De l’autre côté du mur

Un mur de 2.500 kilomètres traverse le désert du Sahara Occidental. Le Maroc l’a construit dans les années 80 pour repousser les attaques du Front Polisario. Une guerre ouverte qui a duré jusqu’à la signature du cessez-le-feu en 1991 sous les auspices des Nations Unies. Aujourd’hui, près de deux décennies après cet accord, cette fortification continue de séparer les sahraouis se trouvant des deux côtés du mur. Il est précédé d’une zone de cinq kilomètres de longueur couverte de mines anti-personnelles – jusqu’à cinq millions, selon les organisations humanitaires – et surveillée 24 heures sur 24 par l’armée marocaine.
Le mur miné, dans lequel perdent la vie périodiquement des sahraouis occupés dans l’élevage d’animaux dans la zone, marque la limite entre sahraouis et Marocains, mais aussi entre les familles, qui sont restées divisées après l’invasion marocaine en 1975. D’un côté, ceux qui ont fui vers les champs de réfugiés – le mur se trouve à 90 kilomètres à l’ouest de Tindouf-. De l’autre, ceux qui vivent dans les territoires contrôlés par le Maroc. Il y a des centaines de familles qui ne se sont pas vues depuis  1975.
Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme, des organisations comme Human Rights Watch (HRW), Amnesty International et le Parlement Européen (PE), ont souvent dénoncé que les sahraouis qui vivent dans les territoires occupés du Sahara occidental se trouvent interdits des droits fondamentaux.
La délégation ‘ad hoc’ du Parlement Européen qui a visité El Aaiun en Janvier 2009 était présidée par l’ex-ministre chypriote des Affaires Etrangères, Ioannis Kasoulides, et intégrée des députés européens Carlos Carnero (un socialiste espagnol), Carlos Iturgaiz (du PP espagnol) et Luca Romagnoli (un Italien non-inscrit). Selon son rapport, de mars 2009, ses interlocuteurs marocains ont mis à sa disposition « toutes les facilités nécessaires », mais « les forces de l’ordre ont empêché d’accéder au lieu de la réunion » quelques sahraouis qu’elle devaient rencontrer, qui ont été victimes « d’intimidations et de mauvais traitements ».
Dans son rapport, basée sur des interviews et des témoignages, la délégation constate l’existence « de violations récurrentes des droits de l’homme, spécialement de la liberté d’expression, d’association, de manifestation et de communication » dans le territoire sous contrôle marocain. De plus, il demandait au Maroc d’admettre les plaintes contre les policiers présentées par les indépendentistes et à la représentation de la Commission Européenne à Rabat d’envoyer « des observateurs aux jugements de militants sahraouis ».
Dans le même sens s’exprimait HRW dans son rapport de 2010 dans lequel les autorités marocaines sont accusées de tabasser et torturer les activistes sahraouis qui expriment leurs idées pro-indépendentistes. Selon l’Association sahraouie Afapradesa (Association de Familiers de Prisonniers et de Disparus Sahraouis), 65 prisonniers politiques étaient encore dans les prisons marocaines en mars 2009.
Les nouvelles qui arrivent des territoires occupés du Sahara Occidental sont chaque jour plus alarmantes. La pression contre les activistes sahraouis de DH monte chaque jour, avec la nouvelle stratégie de confisquer ou de refuser le renouvellement des passeports aux pacifistes sahraouis. La popularité d’Aminetou Haidar au niveau international a fait qu’ils n’osent contre elle, en déplaçant toute la pression à ses compagnons. Les dernières victimes de cette situation sont Ghalia Djimi, Moustafa Dah et Hmad Hammad.
De plus, des nouvelles très inquiétantes arrivent sur l’état des prisonniers politiques. La vie de Degja Lachgar, du groupe des 7, est en danger, à cause de son état psychique et qu’elle refuse de se nourrir depuis lundi passé. Mohakmed Berkan et toute sa famille ont été constamment harcelés. Louali Amidan, emprisonné depuis 2006 subit depuis des années persécution, séquestration, torture et harcèlement contre toute sa famille.

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