Echec cuissant de la diplomatie marocaine




«Il est important pour moi de réaffirmer, ici au Maroc, qu’il n’y a pas eu de changement dans la politique des EU au sujet du Sahara». Cette phrase ambiguë prononcée par la Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, lors de sa visite au Maroc le 2 novembre 2009 et les déclarations flatteuses qui s’en sont suivies ont été interprétées par les autorités marocaines comme un feu vert pour défier la communauté et les ONG’s internationales afin de réaliser leur but suprême : Le contrôle définitif du Sahara Occidental et ses alléchantes ressources. 
Trois jours après, le 6 novembre, à l’occasion de l’anniversaire de la Marche Verte, le roi Mohamed VI annonçait la dérive répressive classant les sahraouis entre « patriotes » ou « traîtres » qui conduira les 7 activistes des droits de l’homme en prison et leur jugement par un traibunal militaire. Seulement, le souverain marocain était de loin de penser que son deuxième acte, l’expulsion d’Aminatou haidar, allait donner lieu à toute une série d’évènements qui secoueraient la machine de la diplomatie marocaine : 
– La déterioration des relations hispano-marocaines suite au refus marocain du retour de la militante sahraouie et les menaces proférées par les responsables marocains contre l’Espagne. L’Espagne annoncera, par la suite, à travers le PSOE et son ambassadeur à Alger, que le pays Ibérique « n’a jamais reconnu la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental » et qu’elle « soutient le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ». Position qui sera renouvellée lors de la visite d’Etat du président bouteflika au mois de janvier. 
Expulsion de Fernando Sanchez Rau, Consul espagnol à Nador. 
– Le discours royal sur la régionalsation et le limogeage des ministres marocains de l’Intérieur et de la Justice pour consoler tous ceux qui ont été mobilisés contre le retour de Haidar. 
– Le gouvernement britannique exprime sa préoccupation au Maroc sur les droits de l’homme au Sahara Occidental. 
–  Amnesty International déclare être préoccupé par la dégradation de la situation des droits de l’homme au Sahara Occidental. 
– Le juge Garzon annonce sa visite prochaine dans les camps sahraouis pour enquêter sur le génocide marocain au Sahara Occidental. 
– Publication du rapport de Human Rights Watch de 2010 : « La situation des droits humains s’est globalement détériorée en 2009 au Maroc ». HRW dénonce la politique « répressive » marocaine au Sahara occidental. 
– La ville italienne de Sesto Fiorentino accorde la citoyenneté honoraire à la militante sahraouie Haidar. 
Violation par le Maroc du cessez-le-feu. Les forces aériennes du royaume alaouite exécutent des manoeuvres militaires avec les F-5 et les Mirages F-1 français dans la région d’Oum Dreiga.
– Le président de l’Assemblée Populaire Nationale algérienne se rend en visite officielle dans les territoires libérés du Sahara Occidental. 
– Le parti de l’ANC en Afrique du Sud réaffirme son soutien à l’autodétermination du peuple sahraoui. 
– Des manifestations en Espagne pour dénoncer certaines positions de l’UE. 
Sommet UE-Maroc : Des eurodéputés le rejettent tant que ce dernier n’aura pas reconnu les droits des Sahraouis à l’autodétermination. 
La Belgique soutient une solution mutuellement acceptable « respectant le droit à l’autodétermination » du peuple sahraoui. 
Abdelaziz appelle Ki-moon à protéger les Sahraouis dans les territoires occupés par le Maroc. 
Libération de la détenue sahraouie Degja Lachgar, membre du « groupe des sept ». 
L’Allemagne qualifie d' »illégale » l’exploitation des richesses naturelles du Sahara Occidental. 
L’avis juridique du Parlement Européen suit l’Avis Juridique de l’ONU de 2002, et déclare que l’exploitation par le Maroc des ressources naturelles du Sahara Occidental occupé doit bénéficier au peuple sahraoui, condition pour que ces activités économiques soient légales. 
– Sommet de l’Union Africaine : Participation du Président sahraoui et inauguration du nouveau siège de l’ambassade sahraouie à Addis Abeba. 
– Ross appelle le Conseil de Sécurité à l’extension du mandat de la Minurso aux droits de l’homme au Sahara Occidental et annonce la tenue de négociations informelles entre le Maroc et le Front Polisario les 10 et 11 février.
–  Kristalina Georgieva, la nouvelle candidate bulgare s’engage à placer la question du Sahara Occidental entre ses « priorités » pour qu’elle sorte de la « liste des crises oubliées ». 
– Fermeture du Journal Hebdomadaire à cause de ses critiques concernant un rapport sur le Front Polisario publié par un pseudo centre d’études belge. 
– Discussions au Parlement Européen sur le statu avancé accordé au Maroc. La présidence espagnole de l’UE fait monter la tension à Rabat qui sort ses dernières cartes de pression : l’indémnisation des soldats marocains ayant participé dans la guerre civile espagnole aux côtés de Franco en 1936 et les morisques expulsés de l’Espagne en 1609. les Les Morisques (de l’espagnol Morisco, littéralement « petit maure ») étaient des musulmans d’Espagne convertis de gré ou de force au catholicisme à la suite des édits de conversion de1502. 

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