Maroc : Karim Wade shoppé avec du cannabis à l’aéroport de Casablanca (câble Wikileaks)

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Interdictions des drogues : deux pas en avant, un pas en arrière

Classé par: Chargé d’affaires, a.i., Robert P. Jackson pour les motifs 1.4 (b) et (d). 1. (S / NF)

Résumé:

Depuis au moins le 14 août, année où la police, selon des médias marocains, aurait arrêté 16 présumés barons de la drogue dans le cadre d’une opération majeure dans tout le pays, la presse a régulièrement rendu compte de certains aspects des efforts du GOM pour perturber le commerce de la drogue et appréhender les personnes soupçonnées d’y participer. Des rapports de confiscation et d’éradication à l’implication de hauts fonctionnaires actuels ou anciens, élus ou de haut rang, les observateurs suivent un régime équilibré de tarifs liés à la drogue. À ce jour, entre 110 et 140 tonnes de cannabis ont été saisies, mais certaines seraient déjà revenues dans la rue. Avec le mois sacré islamique du Ramadan en cours, un Marocain a comparé cela à la fois à un exercice de « purification » et à un feuilleton, faisant remarquer que chaque année pendant le ramadan, un scandale quelconque se déroulait dans les journaux. L’arrestation du ministre d’État sénégalais Karim Wade, fils du président sénégalais Abdoulaye Wade, fait partie de celle-ci. Avec la drogue au centre de la scène cette année, la scène est prête pour des murmures à huis clos et une opportunité politique en coulisse. Fin du résumé.

Deux pas en avant

2. (U) Citant une déclaration du service de sécurité nationale (DGSN), les médias marocains ont rapporté que le 14 août, la police avait arrêté 16 barons de la drogue présumés au cours d’une opération majeure dans plusieurs villes du pays. La police a saisi une grande quantité de drogues dures, ainsi que de faux documents, notamment des papiers d’identité et des permis de conduire. Ils ont également mis en fourrière des véhicules et d’autres équipements. Une source policière a déclaré à un quotidien marocain que de nombreuses arrestations avaient eu lieu dans les régions du nord de Tétouan et de Nador. La source a également déclaré que l’enquête devrait fournir des informations supplémentaires sur ce qu’il a appelé l’un des plus gros cas de drogue au Maroc cette année.

3. (U) Cette action fait suite à une opération majeure qui a eu lieu plus tôt cette année et au cours de laquelle la police marocaine a arrêté plus de 100 personnes, également à Nador. Des policiers, des gendarmes, des marins et des soldats ont participé à ces arrestations. La date du procès n’a pas encore été fixée, car l’accusation continue de développer l’affaire. Le 25 août, le procureur général du tribunal de Casablanca a déclaré que la justice pénale s’appliquait à toutes les personnes impliquées dans le trafic de drogue, quels que soient leur titre ou leur poste.

Et peut-être plus

4. (U) Peut-être une indication de l’affirmation selon laquelle il n’y a personne qui échappe à la loi, les médias ont rendu compte le 31 août de nombreux reportages sur l’arrestation de l’ancien député Mohammed Jouahi, considéré par certains comme l’un des plus grands et des plus puissants des barons de la drogue. Jouahi était et pourrait toujours être membre du parti centriste RNI; Certains rapports indiquent que les dirigeants du parti ont rapidement affirmé qu’il n’était plus membre. Selon d’autres informations faisant état d’une répression en cours, des personnes arrêtées très en vue auraient impliqué un certain nombre d’agents de sécurité et d’avocats dans plusieurs régions du pays. Les journalistes ont spéculé que la campagne actuelle contre le trafic de drogue dans le pays avait été commandée par les plus hautes instances.

Mais un pas en arrière

5. (S / NF) Si ce sont les niveaux les plus élevés qui dirigent la répression, ils peuvent également être le résultat des efforts de lutte contre la drogue. Il a été signalé à la mi-août qu’un haut responsable de la police de l’aéroport de Casablanca avait été brusquement réaffecté à un poste sans responsabilités à Layounne, dans le Sahara occidental. Les raisons invoquées variaient: un journal affirmait que c’était parce qu’il avait arrêté un membre de la famille d’un dirigeant africain porteur de drogue; d’autres ont prétendu que c’était dû à une série indéterminée d’erreurs professionnelles, peut-être même à un scandale sexuel. Les rapports des services de renseignements confirment qu’il s’agissait du premier et que le parent arrêté était le fils du président sénégalais Abdoulaye Wade. Son fils, Karim Wade, ministre sénégalais de la Coopération internationale, de l’Aménagement du territoire, des Transports aériens et de l’Infrastructure, aurait été trouvé en possession de haschich alors qu’il passait la sécurité de l’aéroport. Le roi Mohammed VI, avec qui Wade est un ami proche, n’aurait pas apprécié les actions des autorités locales qui ne l’avaient pas informé de l’internement de Wade. alors il a réaffecté deux fonctionnaires.

Commentaire

6. (S / NF) Alors que les informations faisant état de la répression du commerce de la drogue au Maroc suggèrent que les autorités continuent à se concentrer sur le problème, leurs efforts ne sont pas à l’abri de la politisation. Étant donné que l’arrestation du jeune Wade pourrait mettre en péril les relations entre le Maroc et le Sénégal, on peut comprendre le piqué du roi à la police de l’aéroport de Casablanca. La poste a rapporté l’incidence possible de l’éradication de la drogue sur la participation des électeurs aux élections locales de juin; Ce dernier incident suggère que, malgré les appels en cours du roi à la réforme judiciaire, l’appréhension pour une infraction pénale est également soumise à l’opportunité politique. Terminer le commentaire.

Jackson

Source: Câble ambassade américaine à Rabat, 6 sept 2009

Tags : Maroc, cannabis, drogue, haschich, kif,

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