Maroc : Communiqué des détenus politiques rifain dans la prison locale d’Al Hoceima

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Détenus à la prison à Al Hoceima (11)

1. Abdelhak SIDDIQ: 3 ans ;

2.Bachir BENCHAÏB: 12 ans;

3.Fouad AL SAIDI: 3 ans;

4.Ibrahim BOUZIANE: 03 ans
5.Mounir BENABDALLAH: 4 ans ;

6.Nabil AMZGIDAOU: 5 ans

7.Oussama AL MAHDALI: 2 ans et demi.;

8. Othman BOUZIANE: 3 ans;

9. Sohaib AKROUH: 5 ans ;

10.Younes AL WAI: 6 ans;

11.Youssef AL HAMDIOUI: 3 ans

Les détenus politiques rifain dans la prison locale d’AL HOCEIMA

COMMUNIQUE

À l’occasion du 3e anniversaire du martyre du martyr de Mohcine FIKRI, écrasé dans un mécanisme de compactage d’un camion-poubelle le 28 octobre 2016, et du lancement de la première étincelle d’un mouvement populaire, pacifique et civique, mouvement rifain a suscité un vaste mouvement d’admiration et de solidarité, avec ses étapes de lutte, conscientes et responsables à caractère créatif, en conformité avec le droit des peuples et des nations à manifester pacifiquement, un droit permis et garanti par toutes les déclarations, pactes et chartes internationaux relatifs aux droits de l’homme, et rappelant les circonstances de ce qui a été et se passe jusqu’à présent, il est clair que tous les slogans résonnants, brandis par le pouvoir marocain, tels que « la nouvelle ère », « la volonté de tourner la page du douloureux passé », « l’équité et la réconciliation » « lier la responsabilité à la réédition des comptes », «Lutter contre l’impunité », « mettre fin aux graves violations des droits de l’homme » … et la façon dont le pouvoir marocain traite avec le mouvement populaire rifain a dementi tous ces slogans.

Le pouvoir marocain a commencé par miser sur le facteur temps, en poursuivant une politique de la sourde oreille et la politique de la fuite en avant. Il a lancé la presse asservie, aux ordres, pour déformer le mouvement et déformer les objectifs de son meneur et le discréditer aux yeux de l’opinion publique, ainsi en instrumentalisant les oulémas de la sédition pour prononcer des discours politiques visant à diaboliser le mouvement.

Le compte à rebours commence juste après la déclaration de la majorité gouvernementale, qui a lancé des nouvelles/anciennes accusations à l’endroit du mouvement populaire rifain (séparatisme, l’intelligence avec des puissances étrangères, financement étranger), puis le régime marocain a eu recours à ses nouveaux anciens reflexes, l’approche répressive contre tout mouvement protestataire , qui émane des tréfonds de la société et de ses souffrances, pour les torpiller et les écraser sous prétexte d’imposer le « charisme de l’Etat », en poursuivant une politique de punition collective à l’encontre de la région.

Parmi ses conséquences désastreuses le martyre d’Imad AL ATTABI et Abddelhafid AHADDAD et plus de 1000 détenus, des procès politiques injustes, et des milliers de personnes déplacées dans les rangs de la jeunesse du RIF , jetés dans la Méditerranée, à bord des bateaux de la mort, a montré clairement à l’opinion publique l’ampleur de l’enracinement de la corruption dans «l’institution judiciaire » et la corruption des juges .

De même, il dévoilé tout son système makhzenien tant vanté pour ce qui est de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Tout cela dans le but de décourager les masses populaires sympathisantes du mouvement populaire de continuer à manifester et d’exiger leurs droits justes et légitimes, et de les priver ainsi de tout développement réel découlant d’un dialogue social impliquant tous les segments et groupes sociaux, fondé sur la justice territoriale, sociale et qui prend en considération les spécificités culturelles, sociales et économiques de chaque région, passant outre la dualité centre/périphérie et makhzen/sujets.

Au niveau international, nous tenons à noter la complicité de certains pays envers le régime makhzenien pour récolter davantage d’intérêts et de privilèges au détriment du mouvement populaire et de la souffrance des détenus et de leurs familles. Cela malgré la publication de plusieurs rapports par des organisations et des groupes internationaux de défense des droits humains, tels qu’Amnesty International et Human Rights Watch … affirmant la légitimité des revendications du mouvement populaire et son attachement au caractère pacifique tel que stipulé dans le droit international. Compte tenu de tous ces éléments, mentionnés plus haut, nous faisons porter au pouvoir marocain une plus grande responsabilité de la situation. Nous tenons à déclarer à l’opinion publique locale, nationale et internationale ce qui suit :

1. Nous EXIGEONS la libération de tous les prisonniers politiques du mouvement populaire et de tous les détenus politiques en général

2. Nous DECLARONS notre attachement à la plateforme revendicative porteuse de droits justes et légitimes

3. Nous APPELONS toutes les masses de la diaspora à participer activement à la marche qui aura lieu à Paris le 26 octobre 2019 et à rejeter toute forme d’exclusion, de violence symbolique et d’œuvrer en vue de l’unification des rangs rifains sous le mot d’ordre « Tous pour ce RIF blessé ».

4. Nous REJETONS ET DENONÇONS l’attitude d’instrumentalisation des revendications des mouvements sociaux de protestation au nom d’un certain « nouveau projet de développement » élaboré par un certain comité et ce, d’une manière superficielle

5. Réaffirmons notre CONDAMNATION de certains pays qui adoptent une politique de deux poids, deux mesures concernant le mouvement populaire dans le RIF.

6. Nous tenons à SALUER les rapports publiés par un ensemble de groupes et d’organisations internationales de défense des droits de l’homme telles que HUMAN RIGHTS WATCH et Amnesty International.

7. Nous APPELONS toutes les organisations internationales et régionales de défense des droits de l’homme à assumer leurs responsabilités envers la cause du mouvement rifain et ses détenus.

Pour les détenus politiques du Mouvement populaire dans le RIF dans la prison locale à Al Hoceima

12 octobre 2019

Source : Rachid Oufkir, 23 oct 2019

Tags : Maroc, Rif, Hirak, prisonniers rifains,

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