Alerte sur le retour éventuel de combattants islamistes en Europe et au Maghreb

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Un expert souligne le « caractère symbolique de Cordoue, avec sa mosquée comme étendard de la revendication du califat perdu ».

« Le retour craint au Maghreb d’environ 7000 émigrés en Syrie et en Irak, ainsi que les 5000 rapatriés de l’État islamique qui pourraient rentrer sur le territoire européen, représente un défi sans précédent à la sécurité pour l’Europe et le Maghreb, qui oblige à une compréhension et une collaboration nécessaires à la recherche d’un objectif commun ».

Ces paroles de Carlos Echeverría, directeur adjoint de l’Institut Universitaire Général Gutiérrez Mellado, résument le contenu du IIIe Sommet de Sécurité de Cordoue qui, sous le titre de « Combattants étrangers et rapatriés : Menace, gestion et réponse », a célébré l’Institut de la sécurité et de la culture ce vendredi au Cercle Royal de l’Amitié de Cordoue.

Echeverría, qui a ouvert la journée en commentant son rapport « La menace des rapatriés de l’État islamique : une préoccupation pour l’Espagne et pour l’Union européenne », a fait que, bien qu’il s’agisse d’un problème commun, chaque pays concerné est confronté à un défi différent en fonction du nombre de personnes qui peuvent revenir ou qui le font déjà et de l’ordre juridique de chaque État”.

En outre, dans le cas de l’Espagne, ce professeur de relations internationales a indiqué que “le problème n’est pas tant quantitatif que qualitatif, étant donné le profil de ces personnes et la capacité d’influence qu’elles conservent en Espagne”. À titre d’exemple, il a cité les images de Muhammad Yasin Ahram Pérez, alias Abu Lais Al Qurtubi, El cordobés, revendiquant dans une vidéo les attentats de Barcelone et de Cambrils d’août 2017. Echeverría a expliqué qu’il n’était pas fortuit que l’Etat Islamique l’ait utilisé pour revendiquer ces attentats, compte tenu du “caractère symbolique de Cordoue, avec sa mosquée comme étendard de la revendication du califat perdu d’Al Ándalus qui dans son imaginaire est à récupérer”.

Le troisième Sommet de Cordoue sur la sécurité a également réuni Beatriz Becerra, députée du Groupe libéral; Pablo Núñez Almagro, du Centre de renseignements contre le terrorisme et le crime organisé (CITCO) qui a procédé à une analyse quantitative des combattants terroristes étrangers et Rose Tasker, deuxième secrétaire politique de l’ambassade du Royaume-Uni à Madrid, qui a abordé l’évaluation et la réduction des risques liés au retour des combattants terroristes étrangers.

En plus de mettre en évidence l’ampleur du défi à la sécurité que représente le phénomène des rapatriés, les intervenants ont proposé des moyens de le relever. En particulier, Beatriz Becerra, qui a insisté sur le fait qu’il s’agissait clairement d’une question de caractère européen, s’est déclarée convaincue qu’il devrait y avoir une réponse unitaire au niveau de l’UE et qu’en outre, « « le cadre juridique et le domaine de compétence de l’UE en ce qui concerne les rapatriés doivent faire l’objet d’un accord urgent ».

Tel qu’indiqué par Becerra, actuellement, des initiatives législatives ont été développées et utiles”, axées sur la pénalisation des voyages liés au terrorisme, le renforcement des instruments pour faciliter les contrôles aux frontières extérieures, la révision du Code des frontières Schengen et le renforcement du cadre pour l’échange d’informations”. Toutefois, le phénomène des retours et le traitement des enfants n’ont pas de référence dans la législation européenne”.

Le Sommet a montré que le défi est double : d’une part, policier, mais d’autre part, juridique et même social. Les combattants étrangers et les membres de leur famille doivent-ils être rapatriés? Et comment doit-on gérer leur réinsertion? Beatriz Becerra a rappelé que “la criminalisation a été et est la première mesure de réponse donnée en Espagne” à ce phénomène, car il s’agit de personnes ayant commis des infractions définies dans le Code pénal.

Toutefois, un front reste ouvert dans la gestion de ces rapatriés et, en particulier, de leurs familles. Un paragraphe dans lequel, comme l’a souligné Carlos Echeverría, au-delà des actions institutionnelles, il est nécessaire d’ouvrir un débat public car l’impact des rapatriés, et pas seulement des combattants étrangers, aura des conséquences multiples sur la vie nationale, à l’intérieur et à l’extérieur des prisons.

Sur l’Institut de la sécurité et de la culture

L’Institut de la sécurité et de la culture est une association à but non lucratif qui promeut la prévention de l’extrémisme violent par l’analyse, le débat et la sensibilisation. Dans le cadre de ses activités, cette entité a lancé le programme “Démocratie, radicalisme et société civile”, qui a pour objectif de promouvoir le débat sur la façon dont la société civile peut jouer un rôle actif dans la prévention de l’extrémisme violent.

À travers des conférences, des rencontres avec des experts et des publications, le programme entend apporter des idées, des suggestions et des propositions qui contribuent à la lutte contre la radicalisation. Les démocraties occidentales sont confrontées au grand défi de mettre en valeur les institutions, les valeurs démocratiques et l’État de droit comme alternative à l’extrémisme violent. C’est pourquoi ce programme vise à apporter des contenus dans cette direction.

Tags : Maroc, Algérie, Libye, Mauritanie, Maghreb, Tunisie, terrorisme, Daech, Etat Islamique, EI, ISIS,

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