Les dernières manœuvres de Bedoui

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«Il faut en mourant laisser les marques d’amitié à ses amis, le repentir à ses ennemis et sa réputation entre les mains du public» Voltaire

Par El Yazid Dib

A deux semaines des élections, l’on vient de tripoter hâtivement dans le registre des naissances des portions du pays. Apres l’insertion des gens du filet social, l’importation des voitures de moins trois d’âge, La surséance des poursuites judiciaires pour les bénéficiaires du dispositif ANSEJ, la retraite, la sécurité sociale et bien d’autres charités d’ultime minute, voilà le tour de la grande artillerie. Le découpage administratif.

Que dire de la substance et des effets juridiques venant de l’agissement d’un mourant ? En bon Droit, les spécialistes le savent ; toutes les dernières volontés d’un mourant sont nulles et non avenues, notamment en matière d’obligations. Alors que beaucoup d’eau a bien coulé sous les ponts de nouvelles nominations par-ci, par-là depuis le 11 mars 2019. L’on a bien semé durant ces neuf mois des graines et des graines.

En remaniant ainsi la géographie du pays, le Monsieur croit agir dans le pack des périodes de la paix sociale où tout s’achète y compris l’effort de prendre son corps et sa carte et aller vers un bureau de vote pour y mettre quelque chose, mais pas une voix. Le citoyen récalcitrant, ya si flen n’ira pas voter juste au motif que sa commune ait connu un autre statut. Son refus, il fallait le solutionner ailleurs que dans la manœuvre d’un train qui rentre en gare. Il fallait l’écouter davantage et le suivre ou l’accompagner comme il se plait de le formuler, lorsqu’il scandait le basta des « 3B ». Le départ de ce gouvernement, dernière naissance d’un régent en agonie aurait suscité l’envie de remplir l’urne.

Le ridicule c’est que les cinq candidats n’ont dit mot, dont certainement l’un d’eux sera Président et trouvera tout un terrain miné avec énormément de droits acquis. Il ne pourra nullement mettre à l’évidence ses propres engagements tant ceux du Monsieur les tiennent prisonniers et demeurent en attente de réalisation. C’est comme quelqu’un qui dessine au crayon une maison et lègue le dessin à qui de droit et dira qu’il leur a laissé une grande maison. Cette décision de ce probable dernier conseil des ministres à laquelle il ne saura survivre est aussi un croche-pied au futur Président. Un fauchage prématuré d’actions à même de contenir une certaine colère des zones promues.

Il y a presque 2 ans (trouvé sur le net) Bedoui avait rassuré sur le pupitre de l’APN un député en lui disant que « La décision politique relative à la promotion de certaines daïra des Hauts Plateaux en wilayas déléguées a été prise et les services du Ministère s’emploient à réunir toutes les conditions pour son exécution en 2018 » pourquoi cet ajournement ? La recherche internet dit énormément d’autres choses. Le temps n’aurait pas la même signification numérique chez certains qui préfèrent le bon temps, celui où l’on pense investir le plus. Si le peuple est parfois oublieux, le net est là pour rappeler à quiconque ses engagements, ses promesses ou ses tergiversations et artifices.

Le dégel de projets de plus de 17 milliards DA dans le Sud et les Hauts Plateaux annoncé il y a quelque temps par le ministre des finances exprimait déjà l’entame pour la prise d’une telle mesure. Le ministre avait affirmé alors « ce dégel traduit la volonté des pouvoirs publics de relancer des projets de développement local inscrits au profit des wilayas du Sud et des Hauts Plateaux » ajoutant que « d’autres projets d’une valeur de 42 milliards DA avaient été inscrits dans la Loi de finances 2020 » tant mieux pour nos compatriotes du sud. Ceci prouve que ce « projet » de réorganisation territoriale était en maturation, puis clos et ficelé et mis en veilleuse pour l’extirper le moment idéal. En pleine campagne électorale. Ça donne l’apparence que ce gouvernement se place comme un sérieux candidat. Il fait de la concurrence illégitime. Il trouble le jeu des autres.

C’est une chirurgie territoriale qui vient d’être opérée en urgence si comme le péril est en la demeure. Rien ne justifie une telle action de dernière volonté, car elle va en toute certitude hypothéquer toute la stratégie de celui qui aura à prendre en charge la destinée de ce même territoire en post-opération. Il n’aura ainsi qu’à adoucir les douleurs qui proviendraient d’autres parts et s’efforcer à panser les effets chirurgicaux sur les parties touchées. Créer dans la foulée électoraliste des wilayas déléguées dans le nord n’a aucun sens pragmatique ni managérial. Ça ne rapporte nul avantage que celui d’un certain prestige pris pour honorifique. Tout est question d’argent, de budget. Il fallait comme me l’aurait dit un ami fin connaisseur, créer encore et encore des wilayas déléguées dans le sud. Enfin.

A deux semaines des élections le tissu territorial vient d’être objet à retouches par un « couturier » qui va fermer boutique. Cet acte fait dans le dos du futur président, s’il est était positif dans sa substance, il aurait une odeur d’hypocrisie électoraliste qui n’aurait en finalité rien à changer à la température de la rue de ces mêmes localités. Ainsi leur mise en œuvre va coûter tout un mandat d’un Président pantois, mis devant le fait accompli laissant en marge tout son programme. L’école manouvrière de Bouteflika est terrible, elle a déformé le bon sens, le droit et la dextérité. Comme elle s’est excellé dans la fabrication de manipulateurs de rêves et de forgeurs d’opinions sur le malheur à temps de ceux envers qui, ils font croire travailler.

Tags : Algérie, élections, présidentielles, Bédoui,

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