Algérie : Campagne électorale : Les capitales du Hirak boudées par les candidats

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La campagne électorale en est aujourd’hui à son troisième jour, et devrait durer selon le code électoral, 18 jours encore. Les candidats ont timidement commencé leur tournée de l’Algérie, où ils auront à sillonner les quatre coins du pays pour tenter de « convaincre » les citoyens, non pas de voter pour eux, mais de se diriger « massivement » aux urnes le jour J.

Pour les deux premiers jours, aucun des candidats ne s’est aventuré dans les wilayas réputées comme étant chaude, et où, le Hirak bat son plein. Seul Abdelkader Bengrina a tenté, pour sa première sortie, une furtive apparition au niveau de l’un des symboles du Hirak, à savoir le parvis de la Grande Poste d’Alger. Mais son « ingénieux » coup de com’ a vite tourné au flop lorsque des dizaines de citoyens se sont mis à le huer. Malgré la forte mobilisation policière, le candidat a été poursuivi par des dizaines de manifestants jusqu’à son QG, où sa gigantesque affiche de campagne a été la cible de jets d’œufs.

Une scène qui explique la décision des quatre autres candidats, qui ont tout simplement décidé d’éviter les grandes villes et les wilayas où le Hirak est resté intact malgré les nombreuses tentatives menées par la contre-révolution pour l’affaiblir. Le Sud était donc la destination rêvée pour les candidats qui ne souhaitent rencontrer ni citoyens en colère, ni mauvaises surprises. Contrairement aux autres campagnes électorales où les candidats annonçaient dès le départ les lieux de leurs meetings, cette fois-ci, seul l’ex-ministre de la culture sous Bouteflika, Azzedine Mihoubi a dévoilé le programme de ses rencontres avec les électeurs, alors qu’Ali Benflis n’a divulgué que le programme de sa première semaine.

De son côté, l’éphémère Premier ministre de Bouteflika, Abdelmadjid Tebboune, semble privilégier le confort des hôtels luxueux, les projecteurs des plateaux télé et studio de la radio ainsi que le calme des wilayas du Sud pour tenir ses meetings loin des citoyens avec une forte présence de partisans et militants du FLN.

Annaba, Constantine ou encore Bejaïa et Tizi Ouzou ne semblent inscrites sur aucune des feuilles de route des candidats. Des villes habituellement incontournables pour tout candidats, mais aujourd’hui désertées par ceux-ci à cause, dit-on, de l’intensité du Hirak et l’opposition d’une grande partie des habitants de ces villes aux prochaines échéances électorales.

La présence des candidats dans l’une des capitales du Hirak pourrait provoquer des interpellations musclées dans les rangs des Hirakistes, comme cela a été le cas mercredi dernier à Annaba, lorsque des manifestants anti-élections ont été violement réprimés par des policiers en civile et en tenue, au niveau du Cours de la Révolution.

B.Mustapha

Le Provincial, 18 nov 2019

Tags : Algérie, Bejaia, Annabe, Tizi, Ouzou, Constantine, Hirak, campagne électorale,

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