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Les «alliés» de la Turquie de Recep Tayyip Erdogan ont appris il y a longtemps déjà à ne plus être surpris par aucun des dépassements et provocations du président turc qui ne cesse d’insulter et de menacer les dirigeants européens depuis quelques années. Aujourd’hui l’ambassadeur de Turquie en France va être convoqué au ministère des Affaires étrangères pour s’expliquer sur les déclarations du président Erdogan qui a jugé qu’Emmanuel Macron était en «état de mort cérébrale», a indiqué l’Élysée.

«Ce n’est pas une déclaration, ce sont des insultes», a réagi la Présidence.

«L’ambassadeur sera convoqué au ministère pour s’en expliquer», a-t-elle ajouté. Les propos de Recep Tayyip Erdogan faisaient référence à la déclaration d’Emmanuel Macron dans «The Economist» qui avait jugé l’Otan en état de «mort cérébrale». L’Élysée a estimé qu’il n’y avait «pas de commentaire à faire sur les insultes».

Avec son interview à «The Economist», «le président de la République a posé les termes d’un débat qui nécessite des réponses de chacun des alliés, mais peut-être plus particulièrement de la Turquie», a ajouté la Présidence, indiquant qu’Emmanuel Macron attendait de la part d’Ankara «des réponses claires».

«Il y a cette question de l’opération turque en Syrie et de ses conséquences, la résurgence possible de Daech (…) mais il y en a d’autres encore sur lesquelles ce sont des réponses turques sur le fond qu’il nous faut», a souligné la Présidence.

L’ambassadeur, Ismail Hakki Musa, avait déjà été convoqué au ministère des Affaires étrangères le 10 octobre, au lendemain du lancement de l’offensive turque contre la milice kurde des YPG dans le nord de la Syrie.

Cette intervention contre un allié clé dans la lutte contre le groupe État islamique (EI), avec l’approbation tacite du président américain Donald Trump, a mis le feu aux poudres au sein de l’Otan où les Européens sont directement visés par la menace djihadiste. Macron a déploré jeudi que la Turquie ait mis ses alliés «devant le fait accompli» et réclame une réflexion sur le rôle et la cohésion de l’Alliance qu’il entend mettre sur la table au sommet de mardi et mercredi.

Les présidents Erdogan et Macron, ainsi que la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson doivent se réunir demain à Londres, en marge du sommet de l’Otan. Une rencontre qui risque d’être désagréable et peu productive, Erdogan étant peu enclin au travail d’équipe et à faire des concessions.

De leur côté les dirigeants européens devront se montrer fermes également pour ne pas laisser le président turc avoir l’impression qu’il est libre de faire ce qui lui plaît, sans consulter ses alliés et surtout sans se préoccuper des règles internationales d’engagement militaire.

Le Jour d’Algérie, 2 déc 2019

Tags : Turquie, Erdogan, OTAN, Macron,

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