Burundi : quinze ans de prison requis contre 4 journalistes

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– Le verdict est attendu dans 30 jours.

AA / Bujumbura / Yvan Rukundo

Le ministère public burundais a requis, lundi, un emprisonnement de quinze ans contre les quatre journalistes de l’hebdomadaire indépendant « Iwacu », a confié à Anadolu Clément Retirakiza, un de leurs avocats.

Un réquisitoire a été formulé lors de la première comparution en audience publique au Parquet de Bubanza, ouest du pays, de ces quatre reporters, aux arrêts depuis 70 jours.

« Que leur matériel soit saisi et devienne patrimoine de l’Etat », a, en outre, plaidé l’avocat du ministère public.

Selon un des responsables de l’hebdomadaire « Iwacu », ce matériel est notamment constitué d’un véhicule, des enregistreurs et d’une caméra.

Le verdict est attendu au plus tard dans 30 jours selon Retirakiza.

Cette comparution intervient quelques jours après que le président de la République Pierre Nkurunziza ait demandé, lors d’une émission publique, la semaine dernière, que le procès soit équitable pour qu’il n’y ait pas d’injustice.

Accusés de ‘’complicité à l’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat’’, les quatre reporters, à savoir, Agnès Ndirubusa (service politique), Christine Kamikazi ( web radio), Egide Harerimana ( rédaction anglaise) et Térence Mpozenzi ( caméraman) avaient été arrêtés, ainsi que leur chauffeur Adolphe Manirakiza, le 22 octobre, à Musigati, province Bubanza lors d’un reportage sur une attaque d’un groupe armé dans cette localité riveraine de la grande forêt Ikibira.

Seul le chauffeur a été, quelques jours après, mis en liberté provisoire.

Selon le code pénal burundais, dans son article 610, cette infraction est punie par une servitude pénale de dix à quinze ans et d’une amende de 1.086 à 2717 dollars.

L’hebdomadaire « Iwacu », le seul journal indépendant encore fonctionnel après la destruction de quatre médias, dans la foulée du coup d’Etat manqué du 13 mai 2015, n’en est pas à sa première épreuve.

Alors que son fondateur et directeur des Publications Antoine Kaburahe a été contraint à l’exil en 2015, le journaliste Jean Bigirimana est porté disparu il y a déjà plus de trois ans.

Victime de menaces de mort, la famille Bigirimana (son épouse et ses deux garçons) se sont par la suite réfugiés au Rwanda.

Depuis avril 2015, date de l’officialisation de la 3ème candidature du président Nkurunziza à la tête du pays, le Burundi n’a cessé de régresser en ce qui concerne la liberté d’expression.

Selon le classement de Reporters Sans Frontières (RSF), en 2018 et 2019, le Burundi occupe la 159ème position, alors qu’il était 142ème en 2014, dans ce même classement. (Anadolou)

Tags : Burundi, presse, journalistes, répression, RSF,

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