Par la rédaction — Inspiré des réflexions de Ndèye Marie Aïda NdiegueneLa question de l’autonomie énergétique constitue un enjeu stratégique majeur pour le développement socio-économique du Sénégal. Si le potentiel solaire exceptionnel du pays offre une voie privilégiée vers une électricité propre et compétitive, limiter la transition au seul photovoltaïque expose le réseau aux contraintes d’intermittence et aux coûts de stockage. Dans une tribune récente, Ndèye Marie Aïda Ndieguene plaide pour une approche globale et intégrée, capable de transformer les défis environnementaux en opportunités énergétiques et agricoles.Une synergie prometteuse : Le solaire et la méthanisationPour bâtir un système électrique stable, l’énergie solaire — abondante le jour — doit être couplée à des sources de production pilotables. C’est ici qu’intervient la valorisation des déchets organiques urbains, agricoles et industriels.Par le biais de la méthanisation, les résidus issus des ménages, des marchés, de l’élevage, de l’agroalimentaire et des stations d’épuration peuvent être transformés en biogaz. Ce dernier offre une source d’énergie modulable, capable de prendre le relais lorsque la production photovoltaïque faiblit ou lors des pics de consommation.Les 4 piliers d’un modèle énergétique intégréSelon Ndèye Marie Aïda Ndieguene, cette stratégie de transition et d’économie circulaire reposerait sur un modèle articulé autour de quatre composantes complémentaires : * La production solaire pour couvrir une part majeure des besoins électriques pendant la journée. * Le stockage d’énergie pour redistribuer l’excédent solaire vers les périodes de forte demande. * La valorisation du biogaz comme énergie complémentaire et pilotable pour garantir la stabilité du réseau. * La valorisation agricole du digestat (résidu de la méthanisation) comme fertilisant naturel de qualité pour soutenir les sols et l’agriculture locale.Des retombées multisectorielles et des défis à releverAu-delà de la sécurité énergétique, ce modèle offre des bénéfices multiples : amélioration de la salubrité publique, réduction de l’empreinte carbone, soutien au monde agricole et création d’emplois locaux non délocalisables.Toutefois, le passage de la théorie à la pratique exige des fondations solides. La mise en œuvre d’une telle vision nécessite des études approfondies portant sur le gisement exact des déchets, le dimensionnement des infrastructures, l’adaptation du réseau électrique, ainsi que la définition d’un cadre réglementaire et financier incitatif.En s’appuyant intelligemment sur ses ressources naturelles, agricoles et urbaines, le Sénégal a l’opportunité de ne pas seulement remplacer ses sources d’énergie, mais de bâtir un modèle énergétique diversifié, souverain et durable.
Transition énergétique au Sénégal : Vers un modèle circulaire et résilient combinant solaire et biogaz
Visited 2 times, 1 visit(s) today
Soyez le premier à commenter