New York — Le Maroc entend renforcer son rôle sur la scène diplomatique internationale. À l’occasion du débat général de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a officiellement annoncé la candidature du Royaume à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2028-2029.
Selon Atalayar, cette candidature s’accompagne d’un engagement plus marqué du Maroc dans les initiatives internationales liées à la stabilisation du Moyen-Orient, notamment dans la bande de Gaza.
Une candidature marocaine pour le mandat 2028-2029
Dans son intervention devant l’Assemblée générale, Nasser Bourita a présenté la candidature marocaine comme une volonté de contribuer au maintien de la paix et de la sécurité internationales.
Le ministre a également appelé à une réforme du Conseil de sécurité, estimant que la structure actuelle des Nations unies ne reflète pas suffisamment la place et les intérêts du continent africain dans la gouvernance internationale.
Rabat défend depuis plusieurs années une représentation accrue de l’Afrique au sein des principaux organes décisionnels de l’ONU. Cette revendication rejoint notamment les positions défendues par l’Union africaine concernant la réforme du système multilatéral.
Atalayar rapporte que le chef de la diplomatie marocaine a également présenté cette candidature dans le prolongement de plusieurs initiatives marocaines en Afrique, notamment l’Initiative atlantique destinée aux pays du Sahel, le Processus des États africains atlantiques et le projet de gazoduc Nigeria-Maroc.
Un engagement annoncé à Gaza
L’autre annonce majeure de Nasser Bourita concerne la participation marocaine aux efforts internationaux de stabilisation dans la bande de Gaza.
Le Maroc prévoit notamment de mettre à disposition un hôpital militaire de campagne destiné à fournir des soins médicaux et chirurgicaux d’urgence aux populations civiles affectées par le conflit.
D’après Atalayar, la contribution marocaine doit également comprendre l’envoi d’officiers supérieurs auprès des structures de sécurité intérieure, ainsi que des programmes de formation destinés à la police civile palestinienne.
Cette contribution s’inscrit dans le cadre plus large d’un dispositif international de stabilisation envisagé pour Gaza. Une participation marocaine à ce mécanisme avait déjà fait l’objet d’un accord conclu en juillet, prévoyant notamment la contribution d’officiers des Forces armées royales, de la Gendarmerie royale et de la Direction générale de la sûreté nationale, ainsi que la mise en place d’un hôpital militaire de campagne.
Rabat réaffirme son soutien à une solution à deux États
Sur le plan politique, Nasser Bourita a réaffirmé la position marocaine en faveur d’une solution à deux États.
Selon les déclarations rapportées par Atalayar, Rabat considère qu’une stabilité durable au Moyen-Orient doit passer par la création d’un État palestinien indépendant et viable sur les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale, ainsi que par des garanties de sécurité réciproques entre Palestiniens et Israéliens.
Le ministre marocain a également appelé au respect du cessez-le-feu à Gaza et à l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire. Ces déclarations interviennent alors que plusieurs acteurs internationaux continuent de demander l’accès humanitaire à l’enclave et le respect des engagements liés au cessez-le-feu.
Rabat a par ailleurs réaffirmé son soutien à l’Autorité palestinienne et au rôle de l’UNRWA. Le Maroc souhaite également poursuivre son action à travers le Comité Al-Qods, présidé par le roi Mohammed VI, ainsi que par l’Agence Bayt Mal Al-Qods.
Une diplomatie marocaine tournée vers l’Afrique et le multilatéralisme
Dans son discours, Nasser Bourita a également consacré une partie importante de son intervention aux questions africaines. Il a défendu une approche fondée sur la capacité des États africains à élaborer leurs propres réponses aux défis économiques, sécuritaires et environnementaux du continent.
Le ministre a notamment évoqué l’Initiative atlantique pour le Sahel, qui vise à faciliter l’accès des pays sahéliens enclavés aux infrastructures de la façade atlantique, ainsi que le Processus des États africains atlantiques consacré à la coopération maritime.
Le projet de gazoduc Nigeria-Maroc figure également parmi les grands projets présentés par Rabat comme un instrument de coopération et d’intégration énergétique régionale.
Une nouvelle étape diplomatique pour Rabat
Avec la candidature au Conseil de sécurité et l’annonce d’une contribution opérationnelle à Gaza, le Maroc cherche ainsi à mettre en avant une diplomatie combinant action multilatérale, coopération africaine et engagement au Moyen-Orient.
L’annonce intervient également dans un contexte diplomatique marqué par les discussions sur la réforme du Conseil de sécurité et par la volonté de plusieurs pays africains d’obtenir une représentation plus importante dans les instances internationales.
La candidature marocaine pour le mandat 2028-2029 devra désormais s’inscrire dans le processus électoral des Nations unies. Dans le même temps, la participation annoncée à Gaza pourrait constituer un volet concret de l’engagement de Rabat dans les efforts internationaux de stabilisation de l’enclave palestinienne.
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