Algérie : les fragilités du système au cœur d’une chronique au vitriol

Dans une chronique publiée par Le Matin d’Algérie le 21 mai 2026, Zaim Gharnati livre une critique sévère du fonctionnement politique, administratif et économique du pays. Sous le titre « L’Algérie, un système à bout de souffle ! », l’auteur dénonce notamment les lourdeurs administratives, les difficultés sociales, les faiblesses du système éducatif et la persistance d’une économie largement dépendante de la rente.

Le constat dressé par Zaim Gharnati est volontairement provocateur. Dans cette chronique publiée dans la rubrique « Chronique » du Matin d’Algérie, l’auteur ne cherche pas à produire une analyse institutionnelle ou statistique exhaustive : il développe plutôt une critique politique et sociale du fonctionnement du système algérien.

Son point de départ est la relation quotidienne entre le citoyen et l’administration. D’après lui, les démarches liées au logement, aux documents administratifs, à l’emploi, aux devises ou encore aux services publics continuent de représenter une source importante de difficultés pour une partie de la population.

Le poids des contraintes administratives

La chronique décrit une société dans laquelle le citoyen serait constamment confronté à des procédures et à des obstacles bureaucratiques.

Zaim Gharnati utilise volontairement un vocabulaire très imagé pour dénoncer ce qu’il considère comme une administration éloignée des attentes de la population. Il oppose ainsi les difficultés rencontrées dans la vie quotidienne aux ressources dont dispose l’État algérien.

Cette critique rejoint un débat plus large sur la modernisation de l’administration algérienne et sur la nécessité de réduire les démarches bureaucratiques. Mais les formulations utilisées dans la chronique relèvent de l’analyse et du jugement de son auteur, et non d’une évaluation indépendante du fonctionnement de l’État.

École et université : l’autre inquiétude

L’éducation constitue le deuxième grand volet de la chronique.

L’auteur critique un système scolaire qu’il estime trop marqué par la mémorisation et insuffisamment tourné vers l’apprentissage de l’esprit critique. Il étend cette critique à l’université, qu’il accuse de privilégier la production de diplômes au détriment de la recherche et de la réflexion.

Il évoque également la fuite des compétences, en citant notamment les médecins, ingénieurs, chercheurs et étudiants qui choisissent de poursuivre leur carrière ou leur formation à l’étranger.

Cette question de l’émigration des compétences constitue un enjeu régulièrement évoqué dans le débat public algérien. Elle renvoie à la capacité du pays à conserver ses profils hautement qualifiés et à offrir des perspectives professionnelles et scientifiques suffisamment attractives.

Une culture jugée insuffisamment soutenue

La chronique s’intéresse également à la situation culturelle.

Zaim Gharnati déplore notamment ce qu’il considère comme l’affaiblissement de certains espaces de lecture, de débat et de création. Il cite les librairies, les cinémas et les théâtres parmi les lieux dont la présence lui paraît insuffisante dans plusieurs villes.

L’auteur présente cette situation comme un symptôme plus général d’un manque d’espace pour le débat intellectuel et la libre expression. Là encore, il s’agit d’une lecture éditoriale portée par la chronique et non d’une mesure statistique de l’offre culturelle nationale.

L’économie et la question de la rente

La question économique occupe une place centrale dans le raisonnement de l’auteur.

Il critique la dépendance persistante de l’Algérie aux hydrocarbures et considère que les mécanismes de rente continuent de peser sur le fonctionnement économique et politique du pays.

Cette interrogation intervient alors que les données économiques disponibles montrent effectivement que les hydrocarbures demeurent importants pour les finances extérieures et publiques algériennes. Une analyse publiée en juillet 2026 à propos des conclusions du FMI indiquait notamment que la croissance algérienne restait fortement soutenue par l’investissement public, tandis que les déficits budgétaires et les pressions sur les réserves extérieures constituaient des points de vigilance.

Le débat dépasse donc la seule critique formulée par Le Matin d’Algérie : il porte plus largement sur la capacité de l’économie algérienne à diversifier ses sources de croissance et à réduire sa vulnérabilité aux évolutions du marché énergétique.

Entre discours officiel et vécu quotidien

La chronique pose finalement une question plus large : celle de l’écart éventuel entre les discours de modernisation et la perception qu’en ont les citoyens.

Cette problématique apparaît également dans d’autres publications récentes du Matin d’Algérie. Dans un article consacré à la parole publique, le journal s’interrogeait ainsi sur la distance pouvant exister entre les annonces institutionnelles concernant la transformation économique et la réalité perçue par la population.

L’enjeu est particulièrement important dans un pays qui cherche simultanément à diversifier son économie, développer ses infrastructures, moderniser ses services publics et renforcer son attractivité.

Une critique qui vise le fonctionnement du système

Au-delà des formules volontairement acerbes utilisées par Zaim Gharnati, le fil conducteur de la chronique est donc celui d’un système que l’auteur considère comme insuffisamment adapté aux attentes d’une société en transformation.

Administration, éducation, université, culture, emploi et économie sont présentés comme les différentes manifestations d’un même problème : selon l’auteur, les institutions auraient du mal à évoluer au même rythme que les aspirations de la population.

Le Matin d’Algérie publie régulièrement des analyses et chroniques critiques sur le fonctionnement politique et économique du pays. Son site présente notamment, en septembre 2026, des articles consacrés à l’État de droit, à l’éducation, aux fragilités économiques et aux transformations du système politique.

Un débat qui reste ouvert

La portée de cette chronique doit toutefois être replacée dans son registre : il s’agit d’un texte d’opinion, et non d’un rapport indépendant établissant que le système algérien serait effectivement « à bout de souffle ».

Son intérêt réside plutôt dans les questions qu’elle soulève : efficacité administrative, qualité de l’éducation, fuite des compétences, place de la culture, diversification économique et rapport entre institutions et citoyens.

Autant de dossiers qui constituent des enjeux structurels pour l’Algérie et qui alimentent un débat public dont les termes dépassent largement la seule chronique de Zaim Gharnati.

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