Tourisme : le Maroc profite du report des voyageurs et accélère sa stratégie aérienne

Alors que les tensions au Moyen-Orient perturbent certaines destinations touristiques, le Maroc continue d’attirer les voyageurs internationaux. Au premier trimestre 2026, le pays a enregistré 4,3 millions d’arrivées, tandis que l’augmentation des liaisons aériennes renforce la connexion avec les principaux marchés européens.

Le secteur touristique marocain poursuit sa progression en 2026. Dans une analyse publiée le 22 mai, Air Journal souligne que le Maroc bénéficie notamment d’une partie du report des voyageurs qui hésitent à se rendre dans certaines destinations du Moyen-Orient en raison des tensions géopolitiques.

Cette dynamique intervient alors que le Royaume avait déjà enregistré une progression importante de son activité touristique. Selon les données du ministère marocain du Tourisme, 4,3 millions de touristes ont visité le pays au premier trimestre 2026, soit une hausse de 7 % sur un an. Les recettes en devises ont parallèlement atteint 31 milliards de dirhams, en progression de 24 %.

Le contexte géopolitique redistribue certains flux

Selon Air Journal, le contexte de tensions au Moyen-Orient contribue à orienter une partie des voyageurs vers des destinations considérées comme moins exposées aux conflits de la région.

Le Maroc dispose, dans ce contexte, de plusieurs avantages : sa proximité avec l’Europe, son réseau aérien en développement, la diversité de son offre touristique et la présence de destinations balnéaires, culturelles et urbaines.

Marrakech, Agadir, Casablanca, Fès ou encore Essaouira figurent parmi les principales destinations bénéficiant de cette dynamique. Le média spécialisé dans l’aérien relève notamment des niveaux de réservations importants sur certains marchés étrangers.

Cette évolution ne signifie toutefois pas que toute la croissance touristique marocaine serait directement liée aux tensions au Moyen-Orient. Les données officielles montrent une progression déjà engagée avant que cet effet de report ne puisse être pleinement pris en compte.

4,3 millions de visiteurs au premier trimestre

Les chiffres officiels permettent de mesurer l’ampleur de cette progression.

Entre janvier et mars 2026, 4,3 millions de touristes sont arrivés au Maroc, contre environ 4 millions durant la même période de 2025. Le ministère du Tourisme fait également état d’une progression particulièrement forte des recettes touristiques.

La dynamique s’est poursuivie au printemps. En mai, le Maroc a accueilli 1,7 million de touristes, soit 13 % de plus qu’en mai 2025. À la fin du mois de mai, le nombre cumulé d’arrivées atteignait 7,7 millions, en hausse de 7 % sur un an.

Ces résultats renforcent les ambitions affichées par les autorités marocaines pour les prochaines années.

L’aérien au cœur de la stratégie

Pour accompagner cette croissance, le Maroc mise fortement sur le développement de la connectivité aérienne.

Air Journal souligne notamment l’expansion du réseau de Transavia, filiale low-cost du groupe Air France-KLM, avec de nouvelles liaisons entre plusieurs villes françaises et différentes destinations marocaines. Plus de 130 000 sièges supplémentaires étaient annoncés pour la période 2025-2026 sur les nouvelles liaisons évoquées par le média.

D’autres compagnies, parmi lesquelles easyJet, Vueling, Ryanair et Air Arabia Maroc, participent également à l’élargissement de l’offre aérienne.

Cette multiplication des liaisons permet notamment de réduire la dépendance aux grands hubs et de connecter directement plusieurs villes européennes aux destinations touristiques marocaines.

Dakhla cherche à changer d’échelle

Parmi les destinations que le Maroc souhaite développer figure Dakhla, dans le Sahara Occidental.

Selon Air Journal, l’Office national marocain du tourisme travaille à renforcer la desserte aérienne de la ville et à développer son attractivité autour du tourisme sportif, de nature et de découverte. L’ONMT cherche notamment à établir de nouvelles liaisons directes avec les marchés européens.

La stratégie vise à transformer une destination jusqu’ici relativement spécialisée en un pôle touristique davantage intégré aux circuits internationaux.

La promotion de Dakhla s’inscrit cependant dans le contexte politique plus large du Sahara Occidental, territoire dont le statut fait l’objet d’un différend international.

Essaouira bénéficie également de nouvelles connexions

Autre destination mise en avant : Essaouira.

La ville connaît une augmentation de sa fréquentation internationale et bénéficie de l’ouverture ou du renforcement de liaisons aériennes avec plusieurs villes européennes.

Pour les autorités touristiques marocaines, le développement de ces destinations secondaires répond à un objectif de diversification. Il s’agit notamment de réduire la concentration de l’activité sur Marrakech et Agadir et de prolonger la saison touristique.

Une clientèle qui se diversifie

Le Maroc conserve une forte dépendance à l’égard des marchés européens, notamment français, espagnol, britannique, italien et belge.

Mais Air Journal relève également la progression de marchés d’Europe de l’Est, du Golfe et d’Amérique du Nord. Cette diversification constitue un axe important de la stratégie touristique marocaine.

L’augmentation des connexions aériennes doit permettre d’accompagner cette évolution en facilitant l’accès direct au territoire marocain.

Les ambitions pour 2030

Le Maroc cherche désormais à inscrire la croissance touristique dans une stratégie de long terme.

Les autorités avaient fixé un objectif de 22 millions de visiteurs en 2026, avec une ambition dépassant 26 millions de touristes à l’horizon 2030. La Coupe du monde de football organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal constitue l’un des événements autour desquels cette stratégie est construite.

L’Office national marocain du tourisme structure notamment son action autour de l’aérien, de la distribution, de l’image de destination et de la digitalisation.

Les chiffres du premier semestre 2026 montrent en tout cas que la trajectoire reste positive. Avec 7,7 millions d’arrivées à fin mai, le secteur conserve un rythme supérieur à celui enregistré un an auparavant.

Un tourisme porté par plusieurs facteurs

L’analyse d’Air Journal met en évidence un élément conjoncturel : les tensions au Moyen-Orient peuvent favoriser le report d’une partie des flux touristiques vers le Maroc. Mais cette explication ne suffit pas à elle seule à expliquer la progression observée.

Les résultats du premier trimestre, la hausse des recettes, l’ouverture de nouvelles lignes aériennes et la diversification des marchés témoignent également d’une stratégie engagée depuis plusieurs années.

Le principal enjeu pour le Maroc sera désormais de transformer cette progression en croissance durable, en améliorant les infrastructures, les capacités d’accueil et l’expérience touristique tout en répartissant davantage les bénéfices du secteur entre les différentes régions.

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