Migration : un rapport espagnol attribue au Maroc un rôle clé dans la baisse des arrivées en Espagne

La coopération migratoire entre l’Espagne et le Maroc est présentée comme l’un des facteurs ayant contribué à la baisse des arrivées de migrants sur le territoire espagnol. Selon le rapport annuel 2025 de la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR), cité par Yabiladi, le renforcement du contrôle des frontières et les accords conclus avec plusieurs pays tiers ont participé à cette évolution.

La diminution des arrivées de migrants en Espagne s’inscrit dans un contexte de renforcement progressif de la coopération entre Madrid et plusieurs pays d’origine ou de transit.

Dans un article publié le 15 juin 2026, Yabiladi rapporte les conclusions du rapport annuel 2025 de la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR), qui met notamment en avant le rôle du Maroc dans la gestion des flux migratoires à destination de l’Espagne et, plus largement, de l’Europe.

35 % d’arrivées en moins sur les cinq premiers mois de 2026

Selon les données citées par Yabiladi, 10 224 migrants sont arrivés en Espagne par voie maritime ou terrestre entre janvier et mai 2026.

Ce chiffre représente une baisse de 35 % par rapport à la même période de 2025.

La tendance était déjà visible en 2025. Le rapport de la CEAR fait état d’une diminution globale de 46 % des arrivées sur les côtes espagnoles au cours de cette année, tandis que les arrivées dans les îles Canaries auraient reculé de 62 % par rapport à 2024.

Ces données témoignent d’une modification importante des flux migratoires vers l’Espagne, même si elles ne signifient pas la disparition des routes migratoires ni des tentatives de franchissement des frontières.

Le Maroc parmi les principaux partenaires de Madrid

Selon le rapport cité par Yabiladi, le renforcement de la coopération migratoire avec le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal figure parmi les facteurs associés à la diminution des arrivées.

Le document évoque notamment les politiques visant à renforcer les contrôles aux frontières ainsi que les accords permettant de déléguer une partie de la gestion migratoire à des pays tiers.

Dans cette configuration, le Maroc occupe une place particulière en raison de sa proximité géographique avec l’Espagne et de son rôle sur plusieurs routes migratoires vers le territoire espagnol.

La coopération maroco-espagnole s’est ainsi progressivement développée autour du contrôle des frontières, de la lutte contre les réseaux de passeurs et de la prévention des départs.

Une politique européenne davantage externalisée

L’analyse présentée par le rapport dépasse cependant le seul cadre des relations entre Madrid et Rabat.

La baisse des arrivées est également mise en relation avec une évolution plus large des politiques migratoires européennes : les États cherchent de plus en plus à agir en amont des frontières européennes, en coopération avec des pays considérés comme des partenaires de transit.

Le rapport cité par Yabiladi évoque ainsi les accords conclus avec le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal dans le cadre de cette politique d’externalisation.

Cette stratégie permet aux autorités européennes de limiter les arrivées irrégulières, mais elle soulève parallèlement des questions concernant les conditions dans lesquelles les contrôles sont exercés et la protection effective des personnes cherchant à accéder au territoire européen.

Les Marocains restent une nationalité fortement représentée

La baisse globale des arrivées ne signifie pas pour autant que les ressortissants marocains aient disparu des statistiques migratoires espagnoles.

Selon les chiffres rapportés par Yabiladi, les Marocains représentent 15 % des arrivées en Espagne, à égalité avec les Sénégalais.

Ils arrivent derrière les Algériens, qui représentent 27 %, et les Maliens, avec 17 %.

Ces chiffres montrent que le Maroc joue un double rôle dans les statistiques migratoires espagnoles : il constitue à la fois un important pays de coopération pour le contrôle des flux et demeure un pays d’origine significatif parmi les personnes arrivant en Espagne.

La réforme de l’immigration parmi les autres facteurs

Le rapport ne limite pas l’explication de la baisse des arrivées à la coopération avec les pays tiers.

Selon les éléments rapportés par Yabiladi, la nouvelle réglementation espagnole sur l’immigration, entrée en vigueur en mai 2025, ainsi que le durcissement progressif des politiques migratoires ont également contribué à l’évolution observée.

La diminution des arrivées résulterait donc de la combinaison de plusieurs facteurs : renforcement des contrôles, coopération avec les pays de transit, évolution du cadre réglementaire espagnol et transformation des routes migratoires.

Une coopération devenue stratégique

Pour Madrid, la coopération avec Rabat constitue désormais un élément important de sa politique de contrôle migratoire.

Le rapport présenté par Yabiladi fournit à cet égard un indicateur quantitatif de cette coopération : parallèlement à la baisse des arrivées, l’Espagne continue de considérer le Maroc comme un partenaire central dans la gestion de ses frontières méridionales.

Cette relation s’inscrit également dans un partenariat beaucoup plus large entre les deux pays, couvrant la sécurité, le commerce, les investissements et la circulation des personnes.

Une baisse qui ne clôt pas le débat migratoire

Les chiffres cités par Yabiladi montrent donc une baisse significative des arrivées en Espagne, avec un recul particulièrement marqué en 2025 et une nouvelle diminution sur les cinq premiers mois de 2026.

Le rapport de la CEAR attribue une partie de cette évolution au renforcement de la coopération migratoire avec le Maroc et d’autres pays partenaires.

Mais derrière les statistiques demeure une réalité plus complexe : lorsque les contrôles sont renforcés sur une route, les itinéraires migratoires peuvent se déplacer vers d’autres zones, tandis que les personnes continuent de chercher des voies d’accès à l’Europe.

La baisse des arrivées constitue donc un indicateur important de l’efficacité des politiques de contrôle, mais elle ne permet pas, à elle seule, de mesurer l’ensemble des dynamiques migratoires ni leurs conséquences humanitaires.

Source : Yabiladi, « Un rapport espagnol souligne le rôle du Maroc dans la baisse des arrivées de migrants », 15 juin 2026, à partir des données du rapport annuel 2025 de la Commission espagnole d’aide aux réfugiés (CEAR).

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