Algérie : la Transsaharienne appelée à devenir un corridor économique continental

Alger veut franchir une nouvelle étape dans la transformation de la Route transsaharienne. L’objectif affiché n’est plus seulement de relier le nord et le sud de l’Afrique par une infrastructure routière, mais d’en faire un corridor économique intégré associant transport, logistique, énergie, numérique et développement industriel.

L’Algérie entend donner une nouvelle dimension à la Route transsaharienne, en la transformant progressivement en un véritable corridor économique continental. Cette ambition a été réaffirmée à Alger lors de la 77e session du Comité de liaison de la Route transsaharienne (CLRT), selon L’Algérie Aujourd’hui.

Présentée depuis plusieurs décennies comme un axe majeur de connexion entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, la Transsaharienne pourrait ainsi devenir l’un des instruments de l’intégration économique africaine.

Près de 10 000 kilomètres à travers six pays

La Route transsaharienne s’étend sur près de 10 000 kilomètres et traverse six pays : l’Algérie, la Tunisie, le Niger, le Nigeria, le Mali et le Tchad. Quelque 3 400 kilomètres se trouvent sur le territoire algérien.

Son axe principal relie Alger à Lagos sur environ 4 500 kilomètres, tandis que plusieurs ramifications permettent de connecter d’autres pôles régionaux, notamment Ghardaïa à Tunis, Bamako à Tamanrasset et Zinder à N’Djamena.

Selon les responsables du projet cités par L’Algérie Aujourd’hui, cet ensemble pourrait concerner un espace regroupant plus de 400 millions d’habitants.

L’enjeu est désormais de dépasser la vocation initialement routière de l’infrastructure pour créer autour d’elle un réseau économique beaucoup plus large.

De la route au corridor multimodal

La stratégie défendue par Alger repose sur une approche intégrée. Elle prévoit notamment le développement des infrastructures routières et ferroviaires, le déploiement de réseaux de fibre optique, l’interconnexion énergétique ainsi que la création de services logistiques.

Cette évolution doit permettre de faciliter le transit des marchandises et de réduire les coûts de transport entre les pays d’Afrique du Nord et ceux du Sahel et d’Afrique de l’Ouest.

Le projet prévoit également l’installation de zones d’activités économiques, de plateformes logistiques et de pôles industriels le long de l’axe transsaharien.

L’objectif est donc de créer progressivement un écosystème économique autour de la route, plutôt que de considérer celle-ci comme une simple infrastructure de transport.

Un accès plus direct aux ports algériens

L’un des arguments avancés en faveur de cette transformation concerne les pays sahéliens enclavés.

La connexion de ces économies aux infrastructures portuaires algériennes pourrait leur offrir une nouvelle voie d’accès aux marchés internationaux. Selon Mohamed Ould Mohamedi, secrétaire général du CLRT, cité par L’Algérie Aujourd’hui, certains itinéraires utilisant les ports algériens pourraient permettre aux opérateurs économiques de gagner jusqu’à deux semaines de transport par rapport à des routes passant par certains ports d’Afrique de l’Ouest.

Si ces gains se confirmaient à grande échelle, ils pourraient contribuer à réduire les coûts logistiques des économies enclavées et à améliorer leur compétitivité.

Un projet qui dépasse les frontières algériennes

La stratégie algérienne s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer les échanges avec le Sahel et l’Afrique subsaharienne.

La transformation de la Transsaharienne en corridor économique permettrait d’associer plusieurs dimensions : transport des marchandises, circulation des personnes, développement des services, investissements industriels et échanges énergétiques.

Cette orientation intervient alors qu’Alger multiplie également les projets de coopération économique avec certains pays sahéliens.

Avec le Tchad, par exemple, l’Algérie a récemment renforcé sa coopération dans le secteur énergétique. Une centrale électrique de 40 mégawatts doit contribuer à renforcer l’approvisionnement énergétique de N’Djamena, tandis que d’autres projets sont envisagés dans les hydrocarbures, l’exploration géologique, la formation et les chaînes de valeur énergétiques.

La logique est donc celle d’une multiplication des connexions physiques et économiques entre l’Algérie et son environnement subsaharien.

Fibre optique et énergie : la nouvelle dimension du projet

L’un des aspects les plus importants de la nouvelle approche réside dans son caractère multisectoriel.

La fibre optique doit accompagner les infrastructures physiques afin de permettre une meilleure circulation des données et le développement de nouveaux services numériques. L’interconnexion énergétique constitue un autre volet destiné à renforcer la complémentarité entre les économies traversées.

Cette combinaison entre transport, numérique, énergie et industrie pourrait donner à la Transsaharienne une fonction comparable à celle d’autres grands corridors économiques internationaux.

Le projet reste cependant dépendant de la réalisation effective des infrastructures, de la coordination entre les six pays concernés et de la capacité à sécuriser les investissements nécessaires.

Un levier pour les économies sahéliennes

Pour les pays enclavés du Sahel, l’enjeu est particulièrement important. La réduction des distances logistiques et l’accès à de nouvelles routes commerciales pourraient favoriser l’implantation d’activités industrielles et commerciales.

Le développement du corridor pourrait également stimuler le tourisme, les services et les échanges régionaux, selon les responsables du projet cités par L’Algérie Aujourd’hui.

Mais la réussite du projet dépendra aussi de facteurs qui dépassent les infrastructures : sécurité des axes, harmonisation des procédures douanières, stabilité politique, financement et coordination entre les différents États.

Alger veut faire de la Transsaharienne un axe d’intégration africaine

À travers cette stratégie, l’Algérie cherche à faire évoluer la Transsaharienne d’une grande infrastructure routière vers un réseau économique continental.

L’ambition est considérable : connecter davantage l’Afrique du Nord à l’Afrique subsaharienne, faciliter les échanges avec les pays enclavés et créer de nouveaux pôles d’activité le long d’un axe traversant six États.

La 77e session du CLRT marque, selon les autorités algériennes citées par L’Algérie Aujourd’hui, une étape destinée à définir les mécanismes permettant cette mutation.

Si elle se concrétise, la Transsaharienne pourrait ainsi devenir bien davantage qu’une route reliant Alger à Lagos : un axe structurant pour les échanges, la logistique et l’intégration économique entre le nord et le sud du continent africain.

Source : L’Algérie Aujourd’hui – « L’Algérie veut bâtir un corridor économique continental »

Alger veut franchir une nouvelle étape dans la transformation de la Route transsaharienne. L’objectif affiché n’est plus seulement de relier le nord et le sud de l’Afrique par une infrastructure routière, mais d’en faire un corridor économique intégré associant transport, logistique, énergie, numérique et développement industriel.

#Algérie #Route_Transaharienne #Niger #corridor_économique #Algérie_Route_Transaharienne #Algérie_Niger #Algérie_corridor_économique #Algérie_Afrique

Visited 1 times, 1 visit(s) today

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*