L’Algérie confirme son intérêt croissant pour le photovoltaïque chinois. Avec 40 MW de panneaux solaires importés en avril 2026, le pays figure parmi les principaux marchés arabes pour cette technologie, alors qu’un vaste programme de développement des énergies renouvelables est en cours.
L’Algérie poursuit le déploiement de sa stratégie de diversification énergétique en s’appuyant notamment sur le développement du solaire photovoltaïque. Selon des données sectorielles rapportées par Algérie360, le pays a importé 40 mégawatts (MW) de modules photovoltaïques chinois en avril 2026, le maintenant dans le groupe des dix principaux importateurs arabes pour ce mois.
Ces importations s’inscrivent dans une dynamique régionale plus large. Au cours du seul mois d’avril, les dix principaux pays arabes importateurs ont acquis environ 1,14 gigawatt (GW) de panneaux solaires chinois, illustrant l’accélération des investissements photovoltaïques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
Un marché arabe en pleine expansion
L’Égypte dominait le marché en avril avec environ 290 MW importés. L’Algérie figurait aux côtés de l’Égypte, de la Syrie, de la Jordanie, de l’Arabie saoudite, du Yémen, du Liban, de la Tunisie, des Émirats arabes unis et du Maroc parmi les dix principaux marchés arabes concernés.
Cette évolution traduit l’augmentation de la demande en équipements photovoltaïques dans une région où plusieurs gouvernements cherchent à accroître la production d’électricité renouvelable et à réduire progressivement la dépendance aux combustibles fossiles.
Pour l’Algérie, le développement du solaire présente une importance particulière compte tenu de l’immense superficie saharienne et du niveau d’ensoleillement du pays.
Une progression déjà visible en 2025
L’augmentation des importations de panneaux chinois intervient après une forte accélération du marché algérien en 2025.
Selon les données citées par Algérie360, les importations algériennes de panneaux photovoltaïques chinois étaient passées de 350 MW en 2024 à 2,10 GW en 2025. En novembre 2025, elles avaient notamment atteint 450 MW sur un seul mois.
Le premier trimestre 2026 a cependant marqué un ralentissement par rapport à la même période de l’année précédente. Les importations ont atteint 0,31 GW, contre 0,46 GW au premier trimestre 2025. Malgré ce recul, l’Algérie se classait alors au septième rang arabe.
Ces variations mensuelles ou trimestrielles ne permettent toutefois pas, à elles seules, de mesurer l’évolution globale du programme solaire algérien.
Le solaire au cœur de la diversification énergétique
Pour Alger, l’enjeu dépasse l’importation de panneaux. Le développement du photovoltaïque constitue l’un des volets de la diversification du mix électrique et de la réduction progressive de la dépendance aux hydrocarbures pour la production d’électricité.
L’Algérie dispose d’un potentiel solaire considérable, mais la transformation de ce potentiel en capacités installées nécessite des investissements importants dans les centrales, les réseaux électriques, le stockage et les infrastructures de raccordement.
Les importations de modules chinois constituent donc avant tout un indicateur de l’activité industrielle liée aux nouveaux projets.
Un programme de centrales à grande échelle
Le développement du photovoltaïque algérien s’appuie notamment sur le programme lancé par Sonelgaz pour réaliser plusieurs centrales solaires à travers le pays.
Selon Maghreb Émergent, Sonelgaz avait lancé en 2024 un programme portant sur une vingtaine de centrales totalisant 3 000 MW. Plusieurs marchés ont toutefois connu des difficultés d’exécution et certains contrats ont dû être remis en concurrence.
Les données disponibles montrent ainsi que le rythme des importations ne reflète pas nécessairement de manière linéaire l’avancement des chantiers. Les modules peuvent être importés par lots en fonction du calendrier de construction et des besoins des différents projets.
Une présence chinoise importante
La Chine occupe une place majeure dans la chaîne mondiale du photovoltaïque. Pour l’Algérie, cette relation concerne non seulement les panneaux mais également une partie de l’ingénierie et de la construction des infrastructures.
Maghreb Émergent souligne ainsi que des entreprises chinoises ont remporté une part importante des marchés liés au programme algérien de centrales solaires. Cette situation crée simultanément un accès à des équipements compétitifs et une dépendance à des fournisseurs étrangers pour certaines composantes technologiques.
L’un des enjeux à moyen terme sera donc de déterminer dans quelle mesure le développement du solaire pourra favoriser une montée en puissance de la production locale d’équipements et de composants.
Une dynamique régionale qui dépasse l’Algérie
L’Algérie n’est pas seule à accélérer ses achats de technologies photovoltaïques chinoises.
Au premier trimestre 2026, les dix principaux importateurs arabes avaient cumulé 5,59 GW de panneaux chinois, contre 4,67 GW un an auparavant. Les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et l’Irak occupaient les premières places, devant notamment le Yémen, l’Égypte et le Maroc.
Le marché arabe apparaît donc comme un débouché important pour l’industrie photovoltaïque chinoise, dans un contexte où les pays de la région cherchent à exploiter leur potentiel solaire.
Des chiffres à replacer dans leur contexte
Les données mensuelles montrent également que la position de l’Algérie peut évoluer rapidement. Après son classement parmi les dix premiers importateurs en avril avec 40 MW, le pays a également enregistré 40 MW en mai, mais s’est retrouvé au neuvième rang arabe ce mois-là, selon les données publiées ultérieurement.
Ce recul mensuel ne signifie pas nécessairement un abandon de la stratégie solaire. Il peut notamment refléter le calendrier des chantiers, les livraisons par lots ou les variations de la demande.
L’indicateur le plus significatif sera donc la progression effective des capacités solaires installées et raccordées au réseau.
Vers une nouvelle étape de la transition énergétique
L’augmentation des importations de panneaux chinois confirme néanmoins l’existence d’un marché photovoltaïque algérien en développement.
Avec son potentiel solaire, ses vastes territoires sahariens et son programme de centrales photovoltaïques, l’Algérie cherche à augmenter la place des énergies renouvelables dans son système énergétique.
La prochaine étape consistera à transformer cette progression des importations en capacités de production effectivement opérationnelles, tout en développant progressivement les compétences industrielles et technologiques locales.
L’enjeu n’est donc plus seulement de savoir combien de panneaux l’Algérie importe, mais dans quelle mesure ces équipements permettront au pays de construire une capacité solaire durable et de réduire, à terme, la part des hydrocarbures dans la production d’électricité.
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