Algérie : Tebboune veut mobiliser la diaspora scientifique au service du développement

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune veut renforcer les liens entre l’Algérie et ses chercheurs, universitaires et experts établis à l’étranger. La création d’un Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger doit permettre de mieux mobiliser ces compétences dans les secteurs stratégiques du pays.

L’Algérie entend davantage s’appuyer sur ses compétences scientifiques établies hors du pays. Dans un article publié le 23 juin 2026, APAnews rapporte que le président Abdelmadjid Tebboune a appelé les chercheurs, universitaires et experts algériens de la diaspora à contribuer aux efforts de développement national.

Cet appel s’est accompagné de l’approbation de la création d’un Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger, une instance consultative placée sous l’autorité de la Présidence de la République et disposant d’une autonomie administrative et financière, selon les informations rapportées par APAnews.

Faire revenir l’expertise de la diaspora dans les projets nationaux

L’objectif affiché est de créer davantage de passerelles entre les compétences algériennes installées à l’étranger et les besoins du pays.

D’après APAnews, Abdelmadjid Tebboune souhaite notamment mobiliser cette expertise dans des domaines considérés comme stratégiques : industrie, énergie, numérique et recherche appliquée. L’enjeu est de permettre à des chercheurs et experts travaillant dans différents pays de mettre leur expérience et leurs connaissances au service de projets nationaux.

Cette orientation s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer la place de la connaissance et de l’innovation dans la transformation économique de l’Algérie.

La création du nouveau conseil doit ainsi offrir un cadre institutionnel aux relations entre les scientifiques établis en Algérie et ceux qui poursuivent leur carrière à l’étranger.

Le défi de la fuite des compétences

La démarche intervient toutefois dans un contexte marqué par le départ de nombreux professionnels qualifiés.

APAnews souligne que l’Algérie est confrontée depuis plusieurs années à une importante mobilité de ses chercheurs, ingénieurs et médecins vers l’étranger. Les perspectives professionnelles, les conditions de travail et l’accès aux infrastructures et aux financements de recherche figurent parmi les facteurs généralement associés à ces départs.

La question dépasse donc la seule création d’une nouvelle institution. Pour transformer la diaspora scientifique en véritable ressource pour le développement national, il faudra également créer les conditions permettant aux chercheurs établis à l’étranger de participer durablement aux projets algériens.

Une politique qui doit dépasser le symbole institutionnel

Pour les observateurs cités par APAnews, l’efficacité du dispositif dépendra notamment de sa capacité à établir des mécanismes concrets de coopération entre la diaspora et les institutions nationales.

Le financement de la recherche, les conditions offertes aux chercheurs, l’innovation et les possibilités de collaboration internationale constituent ainsi des paramètres déterminants.

La création du Haut Conseil pourrait notamment faciliter l’identification des compétences algériennes présentes dans les universités, centres de recherche et entreprises technologiques à travers le monde.

Elle pourrait également favoriser des collaborations ponctuelles sans nécessairement imposer un retour définitif en Algérie. Cette approche permettrait de mobiliser l’expertise de la diaspora dans des projets nationaux tout en tenant compte des réalités professionnelles des chercheurs concernés.

Science, industrie et souveraineté technologique

La volonté de renforcer les liens avec la diaspora scientifique intervient parallèlement à une réflexion plus large sur la diversification de l’économie algérienne.

Dans cette perspective, la recherche scientifique est appelée à jouer un rôle dans le développement de nouvelles activités industrielles et technologiques, notamment dans les secteurs du numérique, de l’énergie et des technologies émergentes.

APAnews rapporte également que les autorités algériennes souhaitent faire de la connaissance et de l’innovation des instruments permettant d’accompagner la transformation économique du pays.

L’enjeu est donc double : mieux utiliser les compétences déjà disponibles à l’étranger et renforcer progressivement l’écosystème scientifique et technologique à l’intérieur du pays.

Une nouvelle relation entre l’Algérie et ses scientifiques expatriés

La création du Haut Conseil marque ainsi une volonté d’institutionnaliser les relations entre l’État algérien et sa communauté scientifique établie à l’étranger.

Reste désormais à déterminer comment cette nouvelle structure fonctionnera concrètement, quels seront ses moyens et surtout quels projets permettront de transformer l’expertise de la diaspora en résultats mesurables pour la recherche, l’industrie et l’innovation.

Comme le relève APAnews, le principal enjeu ne réside pas uniquement dans la création d’une nouvelle structure administrative, mais dans la capacité à instaurer un environnement suffisamment favorable pour que les compétences algériennes de l’étranger puissent contribuer durablement au développement national.

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