La 15e Réunion de haut niveau franco-marocaine, organisée à Rabat les 15 et 16 juillet 2026, a réuni les deux gouvernements autour d’une feuille de route couvrant la sécurité, l’économie, l’énergie, la défense, l’éducation, la culture et l’agriculture. Paris et Rabat ont également engagé les travaux préparatoires à un futur traité bilatéral présenté par la France comme inédit.
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu s’est rendu à Rabat les 15 et 16 juillet 2026 pour coprésider, avec son homologue marocain Aziz Akhannouch, la 15e Réunion de haut niveau (RHN) entre les deux pays. Cette rencontre, la première depuis décembre 2019, intervient dans le cadre du « partenariat d’exception renforcé » défini par Emmanuel Macron et Mohammed VI lors de la visite d’État du président français au Maroc en octobre 2024.
Une rencontre gouvernementale après près de sept ans
La RHN de Rabat constitue une étape importante dans la mise en œuvre des engagements pris en 2024. Selon le gouvernement français, Sébastien Lecornu et les membres de son gouvernement avaient reçu des deux chefs d’État le mandat de suivre l’application de cette feuille de route et de préparer de nouveaux projets bilatéraux.
La délégation française comprenait notamment le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, tandis que plusieurs ministres marocains ont participé aux travaux consacrés aux différents secteurs de coopération.
La dernière réunion de ce format remontait à décembre 2019, à Paris. Sa reprise traduit donc la volonté des deux gouvernements de réactiver un mécanisme de dialogue politique de haut niveau après plusieurs années marquées par des tensions et des réajustements diplomatiques.
Une vingtaine d’accords annoncés
Les discussions ont débouché sur la signature de plusieurs accords de coopération et de partenariat. Le ministère français des Affaires étrangères évoque une vingtaine d’accords couvrant notamment la coopération décentralisée, les transports, l’aménagement du territoire ainsi que l’enseignement de la langue arabe dans le réseau d’enseignement français.
Côté marocain, les autorités ont également fait état de plusieurs accords destinés à donner une nouvelle impulsion aux relations bilatérales. Parmi eux figure notamment une lettre d’intention sur la coopération en matière de politique étrangère féministe, signée par Nasser Bourita et Jean-Noël Barrot.
La diversité des domaines concernés illustre l’élargissement du partenariat, qui ne se limite plus aux questions diplomatiques et économiques.
Sécurité, immigration et lutte contre le narcotrafic
La coopération sécuritaire figure parmi les dossiers mis en avant par Sébastien Lecornu lors de son intervention à Rabat.
Le Premier ministre français a évoqué la coopération entre les services des deux pays contre le terrorisme, le narcotrafic, la traite des êtres humains et l’immigration irrégulière. Il a également fait état de résultats opérationnels que les autorités françaises attribuent au travail conjoint des policiers et des magistrats.
Ces questions occupent une place importante dans la relation franco-marocaine, notamment en raison des enjeux liés aux réseaux criminels transnationaux et aux routes migratoires reliant l’Afrique du Nord à l’Europe.
Vers un traité bilatéral franco-marocain
L’un des principaux projets annoncés à Rabat concerne l’élaboration d’un futur traité bilatéral entre la France et le Maroc.
Sébastien Lecornu a indiqué qu’un comité composé de personnalités françaises et marocaines travaillait sur ce texte. Selon le gouvernement français, l’objectif serait de créer un cadre global et durable pour les relations entre les deux pays.
Paris présente ce projet comme un accord appelé à structurer la coopération franco-marocaine sur plusieurs décennies. Le ministre français des Affaires étrangères a parallèlement expliqué que plusieurs options étaient encore examinées et que les négociations devaient se poursuivre.
Énergie, industrie et défense
La coopération économique et stratégique occupe également une place centrale dans la nouvelle feuille de route.
Les discussions couvrent notamment l’industrie, l’énergie, la défense, l’agriculture et les infrastructures. Les deux gouvernements cherchent ainsi à élargir les domaines de partenariat et à inscrire les projets bilatéraux dans une perspective de long terme.
Cette orientation intervient alors que les entreprises françaises et marocaines disposent déjà de nombreux liens commerciaux et industriels. Le développement de nouveaux projets constitue l’un des objectifs affichés par les deux gouvernements.
Une visite d’État du roi Mohammed VI en préparation
La réunion de Rabat prépare également une nouvelle séquence diplomatique : une future visite d’État de Mohammed VI en France.
Sébastien Lecornu a expliqué que la RHN devait notamment contribuer à préparer cette échéance, présentée par Paris comme un prochain jalon dans l’évolution des relations bilatérales.
La visite du souverain marocain s’inscrirait ainsi dans la continuité de la visite d’Emmanuel Macron au Maroc en octobre 2024, au cours de laquelle les deux pays avaient fixé une nouvelle feuille de route pour leur coopération.
Un partenariat appelé à changer d’échelle
À l’issue de la 15e RHN, Paris et Rabat disposent d’un programme de travail couvrant un large éventail de secteurs.
Le gouvernement français qualifie le bilan depuis 2024 d’« exceptionnellement positif », tandis que les autorités marocaines présentent la réunion comme une nouvelle étape du « partenariat d’exception renforcé ». Ces appréciations relèvent des gouvernements eux-mêmes et traduisent leur lecture respective de l’évolution de la relation.
La prochaine phase devra désormais porter sur la mise en œuvre concrète des accords signés et sur la poursuite des négociations relatives au futur traité bilatéral. La préparation de la visite d’État de Mohammed VI constituera également l’une des prochaines échéances de cette séquence franco-marocaine.
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