L’Algérie cherche à accélérer le développement de son secteur minier alors que les États-Unis renforcent leur stratégie de sécurisation des approvisionnements en minerais critiques. Fer, phosphates, zinc et plomb figurent parmi les ressources susceptibles de renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers. Selon Afrik.com, cette évolution accompagne un rapprochement progressif entre Alger et Washington dans le domaine minier.
L’Algérie entend donner une nouvelle dimension à son secteur minier. Dans un article publié le 18 août 2026, Afrik.com souligne que le pays dispose d’importantes ressources en fer, phosphates, zinc et plomb et cherche désormais à développer non seulement leur extraction, mais également leur transformation industrielle. Cette stratégie intervient dans un contexte international marqué par la volonté des grandes puissances de sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement en minerais stratégiques.
Parmi les projets les plus importants figure celui de Gara Djebilet, dans la wilaya de Tindouf. D’après Afrik.com, le gisement dispose de réserves estimées à environ 3,5 milliards de tonnes de minerai de fer. Les premières cargaisons extraites auraient été acheminées par voie ferrée vers Béchar en février 2026, marquant une nouvelle étape dans la mise en exploitation du site.
Le développement de Gara Djebilet s’accompagne également d’un important programme d’infrastructures. Le dispositif prévoit notamment des installations de traitement et des infrastructures ferroviaires destinées à faciliter l’évacuation du minerai. Selon les données citées par Afrik.com, les capacités de traitement devraient progressivement augmenter, avec un objectif annoncé de 8 millions de tonnes par an à l’horizon 2030.
Le phosphate, autre axe stratégique
La stratégie algérienne ne se limite toutefois pas au minerai de fer. Le phosphate constitue l’autre grande composante de la politique minière mise en avant par Alger.
Le projet intégré situé dans l’est du pays concerne notamment les wilayas de Tébessa, Souk Ahras et Annaba. Afrik.com rapporte que ce programme repose sur des réserves exploitables évaluées à environ 840 millions de tonnes et vise une production annuelle de 10,5 millions de tonnes de phosphate brut.
À Tébessa, le site de Bled El Hadba doit constituer l’un des principaux maillons de cette chaîne industrielle. L’objectif est de développer simultanément l’extraction du phosphate, sa transformation et la production d’engrais.
Selon Afrik.com, plusieurs entreprises étrangères participent déjà à ce programme, notamment l’italienne Saipem et la chinoise CHEC, aux côtés d’entreprises algériennes. Le projet illustre ainsi la volonté d’Alger de s’appuyer sur des partenaires internationaux tout en développant une filière industrielle locale.
Washington manifeste un intérêt croissant
Cette accélération du secteur minier intervient parallèlement à une intensification des contacts entre l’Algérie et les États-Unis.
Afrik.com rapporte qu’en avril 2026, le secrétaire d’État adjoint américain Christopher Landau s’est rendu en Algérie et a rencontré des responsables dans les domaines de l’énergie, des mines et du commerce. Les échanges ont notamment porté sur les possibilités de coopération économique et d’investissement.
Un autre élément important concerne l’évolution du cadre juridique algérien. Selon Afrik.com, la loi n° 25-12 du 3 août 2025 relative aux activités minières a modifié les règles applicables aux investissements étrangers dans le secteur. Le texte aurait notamment permis aux investisseurs étrangers de détenir jusqu’à 80 % du capital d’un projet minier, rompant avec les anciennes restrictions associées à la règle dite du « 49/51 ».
Pour Alger, cette évolution réglementaire peut faciliter l’arrivée de capitaux et de technologies étrangers dans un secteur nécessitant d’importants investissements.
Les minerais critiques au centre de l’équation américaine
L’intérêt américain s’inscrit dans une stratégie plus large. Washington cherche depuis plusieurs années à réduire les vulnérabilités de ses chaînes d’approvisionnement en minerais considérés comme essentiels pour l’industrie, les technologies avancées, les énergies renouvelables et la défense.
Afrik.com indique que la liste américaine publiée en novembre 2025 compte désormais 60 minerais critiques, contre 50 auparavant, avec notamment l’intégration du phosphate. Cette évolution donne potentiellement une importance supplémentaire aux ressources algériennes.
Les discussions entre les deux pays se sont poursuivies au cours de l’année 2026. D’après Afrik.com, une nouvelle réunion organisée le 7 juin a porté sur les possibilités de coopération dans l’exploration, l’extraction et la transformation des ressources minérales, ainsi que sur les minerais stratégiques utilisés dans les technologies avancées et les énergies renouvelables.
Il convient toutefois de distinguer les discussions diplomatiques et économiques des investissements effectivement conclus. Afrik.com précise qu’aucun accord chiffré avec un investisseur américain n’avait encore été rendu public au moment de sa publication, contrairement aux partenariats déjà engagés avec des entreprises italiennes et chinoises dans le secteur des phosphates.
Une dimension régionale face au Maroc
La montée en puissance du secteur minier algérien possède également une dimension régionale. Le développement de la filière phosphate pourrait notamment renforcer la concurrence entre les deux principales puissances économiques du Maghreb dans ce domaine.
Afrik.com rappelle que le Maroc dispose de ressources phosphatières considérables, avec une position dominante sur le marché mondial. Dans ce contexte, le développement du projet algérien de Tébessa-Souk Ahras-Annaba pourrait permettre à Alger de renforcer sa présence dans une filière stratégique et de diversifier ses exportations minières.
La dimension géopolitique apparaît également dans les relations entre Alger et Washington. Selon Afrik.com, la visite de Christopher Landau en Algérie a également été l’occasion d’aborder la question du Sahara occidental, alors que les États-Unis maintiennent leur soutien au plan d’autonomie marocain. La coopération économique et minière s’inscrit ainsi dans un dialogue bilatéral plus large, qui comprend également des dossiers diplomatiques sensibles.
Une stratégie de diversification
Au-delà du fer et du phosphate, l’Algérie cherche également à développer d’autres ressources. Le projet de zinc-plomb de Tala Hamza-Oued Amizour, dans la wilaya de Béjaïa, figure parmi les grands projets miniers suivis par les autorités en 2026, selon Afrik.com.
Cette diversification pourrait progressivement modifier la place du secteur minier dans l’économie algérienne, traditionnellement dominée par les hydrocarbures.
L’enjeu est donc double : attirer des investissements et des technologies étrangères tout en augmentant la valeur ajoutée produite localement. La transformation du minerai en produits industriels ou en engrais constitue notamment un moyen pour Alger de ne pas limiter sa stratégie à l’exportation de matières premières.
Pour les États-Unis, l’intérêt réside dans la diversification des sources d’approvisionnement. Pour l’Algérie, il s’agit de valoriser davantage son sous-sol et d’attirer de nouveaux partenaires économiques.
Comme le souligne Afrik.com, le rapprochement minier entre Alger et Washington intervient ainsi à la croisée de deux stratégies : la volonté américaine de sécuriser ses approvisionnements en minerais critiques et celle de l’Algérie de diversifier son économie et ses partenariats internationaux.
À ce stade, les échanges diplomatiques et économiques ne se sont toutefois pas encore traduits par un accord minier américain majeur rendu public. La concrétisation de nouveaux investissements permettra de mesurer la portée réelle de cette nouvelle séquence dans les relations entre Alger et Washington.
#Algérie #ressources_minières #minéraux_critiques #terres_rares #Algérie_mines
Soyez le premier à commenter