Tunisie : la question de « l’après » Kaïs Saïed s’impose dans le débat politique

Alors que les tensions politiques et sociales continuent de marquer la Tunisie, la question de l’avenir institutionnel du pays revient au centre du débat. Dans une tribune publiée par Le Temps, l’ancien député et candidat à la présidentielle de 2024 Imed Daïmi estime qu’une éventuelle évolution politique devra être préparée dans un cadre institutionnel stable afin d’éviter une nouvelle période d’instabilité.

La question de « l’après » commence à occuper une place croissante dans les discussions sur l’avenir politique tunisien. Dans une tribune publiée le 19 août 2026 par Le Temps, Imed Daïmi considère que le changement de la politique tunisienne ne peut être envisagé sans une réflexion préalable sur les institutions appelées à encadrer une éventuelle transition.

L’ancien député et candidat à l’élection présidentielle de 2024 intervient alors que la Tunisie traverse une période de fortes tensions politiques. Son analyse porte notamment sur les conditions dans lesquelles une transformation du système politique pourrait se produire et sur les risques liés à une transition insuffisamment préparée.

Une transition qui doit rester institutionnelle

Selon Imed Daïmi, cité par Le Temps, la question essentielle n’est pas uniquement celle du changement politique, mais également celle de la forme institutionnelle que celui-ci pourrait prendre.

L’auteur défend l’idée qu’une évolution du système tunisien doit être organisée à travers des institutions capables d’assurer la continuité de l’État et d’éviter un vide politique. Il met notamment en garde contre le risque qu’une période de transition mal encadrée puisse provoquer davantage d’instabilité.

Cette position constitue l’un des principaux arguments de sa tribune. Elle relève toutefois de l’analyse politique personnelle de l’ancien député et ne constitue pas une prise de position officielle des institutions tunisiennes.

Le contexte politique tunisien

Cette réflexion intervient dans un contexte marqué par une concentration importante des pouvoirs autour de la présidence depuis le tournant politique de juillet 2021.

Le président Kaïs Saïed avait alors engagé une transformation profonde du fonctionnement institutionnel tunisien, avant de faire adopter une nouvelle Constitution en 2022. Depuis, les relations entre le pouvoir exécutif, les partis politiques, la société civile et plusieurs institutions ont profondément évolué.

Dans sa tribune, Imed Daïmi s’intéresse ainsi moins à la seule personnalité du chef de l’État qu’à la question de la reconstruction du cadre politique susceptible d’émerger après cette période.

Le risque d’un nouveau cycle d’instabilité

L’une des préoccupations exprimées par l’ancien député concerne le risque de voir la Tunisie passer d’une phase politique à une autre sans mécanisme clair permettant d’assurer la continuité institutionnelle.

Le Temps résume cette inquiétude en présentant la réflexion de son contributeur autour de la nécessité d’un changement politique organisé dans un cadre « efficient et stable ».

Pour Daïmi, l’enjeu serait donc de parvenir à concilier changement politique et stabilité de l’État. Une transition ne devrait pas seulement répondre aux revendications politiques du moment, mais également définir les règles permettant aux institutions de fonctionner pendant et après cette période.

Une réflexion sur l’avenir plutôt qu’un scénario arrêté

La tribune ne présente pas un calendrier précis de transition ni un scénario institutionnel définitif. Elle pose plutôt la question de la préparation de « l’après », dans un contexte où les débats sur l’avenir du pays se multiplient.

Cette nuance est importante : les développements évoqués par Imed Daïmi relèvent de son analyse et de sa lecture de la situation tunisienne. Ils ne doivent donc pas être interprétés comme l’annonce d’un changement institutionnel imminent.

Le débat porte davantage sur la capacité des acteurs politiques tunisiens à anticiper les différentes éventualités et à éviter qu’une évolution politique ne débouche sur une nouvelle confrontation institutionnelle.

Entre changement politique et continuité de l’État

La question posée par Le Temps dépasse ainsi la seule succession politique. Elle concerne plus largement la manière dont la Tunisie pourrait réorganiser ses institutions après plusieurs années de profondes transformations.

Pour Imed Daïmi, la stabilité institutionnelle constitue une condition essentielle pour éviter que le pays ne retombe dans une période de désordre. Son analyse intervient dans un paysage politique où les oppositions au pouvoir présidentiel, les mouvements sociaux et les interrogations sur l’avenir des institutions continuent de coexister.

La question de « l’après » devient ainsi un sujet de réflexion politique, sans qu’un scénario unique ne soit aujourd’hui établi.

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