Le Maroc a réagi à la résolution adoptée par le Parlement européen le 17 septembre 2026 sur la crise migratoire de Ceuta. Rabat estime que le texte ne contient ni condamnation directe ni injonction à son encontre, alors que la résolution réaffirme explicitement le caractère espagnol et européen de Ceuta et Melilla.
Le Maroc a officiellement réagi à la résolution du Parlement européen consacrée à la crise migratoire de Ceuta, adoptée le 17 septembre par 339 voix contre 225, avec 16 abstentions. Dans une déclaration rapportée par Yabiladi, l’ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne et de l’OTAN, Ahmed Reda Chami, a estimé que le texte ne comportait « aucune incrimination ou injonction » visant le Royaume.
Selon Yabiladi, le diplomate marocain considère également que la résolution ne retient pas les accusations relatives à une éventuelle instrumentalisation de la migration par le Maroc. Ahmed Reda Chami a notamment souligné que plusieurs amendements qu’il qualifie d’hostiles n’ont finalement pas été intégrés au texte adopté.
Rabat conteste certaines interprétations de la résolution
Dans sa réaction, le représentant marocain à Bruxelles a également dénoncé ce qu’il présente comme des « campagnes de communication et de propagande » attribuant à la résolution des positions qui, selon lui, n’y figurent pas.
Cette lecture constitue l’un des principaux éléments de la réponse marocaine rapportée par Yabiladi. Rabat cherche ainsi à relativiser la portée politique du texte européen et à distinguer son contenu final des propositions ou amendements qui ont été discutés au cours du processus parlementaire.
La position marocaine intervient alors que le Parlement européen a adopté une résolution consacrée à la crise migratoire ayant affecté Ceuta à la fin du mois de juillet. Dans une précédente publication, Yabiladi avait indiqué que le Parlement européen demandait notamment à l’Espagne et au Maroc de renforcer leur coopération afin d’accélérer le retour et la réadmission des migrants entrés irrégulièrement à Ceuta.
Ceuta et Melilla explicitement mentionnées
Si Rabat insiste sur l’absence, selon lui, de condamnation directe du Maroc, le texte européen contient néanmoins une disposition particulièrement sensible pour les relations entre Madrid et Rabat.
La résolution considère en effet que Ceuta et Melilla font partie intégrante du Royaume d’Espagne et, à ce titre, de l’Union européenne et de ses frontières extérieures, rapporte Yabiladi.
Le Parlement européen associe par ailleurs les tentatives de remise en cause de l’intégrité territoriale et de la souveraineté d’un État membre, notamment lorsqu’elles passent par l’utilisation de la migration, à une possible « menace hybride » pour la sécurité et la stabilité de l’Union européenne et de ses États membres.
Cette formulation donne une dimension plus large au débat sur Ceuta : la question migratoire y est directement liée aux enjeux de sécurité, de souveraineté et de protection des frontières extérieures de l’Union européenne.
Une résolution non contraignante au cœur des tensions
Dans son analyse publiée le 17 septembre, Yabiladi indiquait que la résolution appelait également Rabat et Madrid à accélérer leur coopération sur le retour des migrants arrivés à Ceuta lors des entrées massives de juillet. Le texte condamnait les franchissements irréguliers de la frontière et appelait au renforcement de la protection des frontières extérieures de l’Union.
Le vote européen intervient dans un contexte particulièrement sensible entre le Maroc et l’Espagne. Les deux pays coopèrent étroitement sur les questions migratoires, tout en restant en désaccord sur la question de la souveraineté de Ceuta et Melilla.
La réaction d’Ahmed Reda Chami montre ainsi que Rabat entend mettre l’accent sur le contenu strictement adopté de la résolution, plutôt que sur les interprétations politiques qui pourraient en être faites.
Rabat et Bruxelles face à deux lectures du texte
La réaction marocaine rapportée par Yabiladi traduit donc une volonté de présenter le vote européen comme un texte qui, dans sa version finale, ne condamne pas directement le Maroc. Cette lecture s’appuie notamment sur le rejet de plusieurs amendements considérés comme hostiles par Rabat.
Du côté européen, le texte adopté réaffirme cependant plusieurs principes concernant la souveraineté des États membres, la protection des frontières extérieures et la coopération avec les pays voisins en matière de migration.
La résolution ne modifie pas, à elle seule, le cadre juridique de la relation entre l’Union européenne et le Maroc. Elle constitue néanmoins un nouvel élément politique dans un dossier où migration, souveraineté territoriale et sécurité européenne sont désormais étroitement liés.
Pour Yabiladi, la réaction marocaine intervient donc dans un contexte où les autorités de Rabat cherchent à clarifier leur lecture du vote européen, tandis que le Parlement européen a voulu inscrire la crise de Ceuta dans une problématique plus large de protection des frontières et de souveraineté des États membres.
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