Tunisie : l’huile d’olive soutient les exportations, mais le déficit commercial se creuse

La filière oléicole tunisienne confirme son poids dans le commerce extérieur. Durant les huit premiers mois de 2026, les exportations d’huile d’olive ont généré plus de 1,1 milliard d’euros et contribué à la progression des recettes agroalimentaires. Mais cette performance reste insuffisante pour compenser la hausse des importations, notamment énergétiques.

L’huile d’olive continue de jouer un rôle central dans les exportations tunisiennes. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS) citées par TSA, les ventes d’huile d’olive à l’étranger ont atteint 3,76 milliards de dinars tunisiens, soit environ 1,11 milliard d’euros, au cours des huit premiers mois de 2026.

Cette progression intervient dans un contexte économique encore marqué par d’importants déséquilibres extérieurs. La performance de la filière oléicole permet ainsi de soutenir les recettes d’exportation et de limiter partiellement la détérioration de la balance commerciale.

L’agroalimentaire porté par l’huile d’olive

L’huile d’olive constitue l’un des principaux moteurs de la progression du secteur agroalimentaire tunisien.

D’après les chiffres de l’INS rapportés par TSA, les recettes d’exportation des produits agroalimentaires ont progressé de 20,8 % sur les huit premiers mois de 2026. L’huile d’olive représente une part importante de cette dynamique, avec plus de 3,7 milliards de dinars de recettes.

Le secteur agroalimentaire est par ailleurs le seul grand segment mentionné par l’INS à avoir enregistré un solde commercial positif, avec un excédent de 983,1 millions de dinars, soit environ 295 millions d’euros.

Cette situation confirme l’importance stratégique de l’agriculture dans l’économie tunisienne. Selon les données reprises par TSA, le secteur agricole représente environ 10 % du PIB et emploie près de 15 % de la population active.

Des exportations globalement en hausse

La performance de l’huile d’olive s’inscrit dans une progression plus large des exportations tunisiennes.

Au cours des huit premiers mois de 2026, les exportations ont augmenté de 8 %, pour atteindre 44,67 milliards de dinars, soit environ 13,2 milliards d’euros. Plusieurs secteurs ont participé à cette évolution.

Les industries mécaniques et électriques ont enregistré une progression de 8,5 %, tandis que les exportations de produits énergétiques raffinés ont augmenté de 44,3 %.

Cette évolution reste toutefois contrastée. Les exportations de phosphates ont diminué de 12 %, tandis que celles du secteur textile et habillement ont reculé de 4,8 %.

La croissance des exportations tunisiennes repose donc sur un nombre relativement limité de secteurs, avec une contribution particulièrement importante de l’agroalimentaire et de l’huile d’olive.

Le pétrole et l’énergie pèsent sur la balance commerciale

Malgré la progression des exportations, la situation globale du commerce extérieur reste déficitaire.

Selon les données de l’INS reprises par TSA, les importations ont atteint 62,52 milliards de dinars au cours des huit premiers mois de 2026, en hausse plus rapide que les exportations.

Le déficit commercial s’est ainsi établi à 17,8 milliards de dinars, contre 14,6 milliards durant la même période de 2025. En euros, le déficit passe d’environ 4,3 à 5,2 milliards.

Le taux de couverture des importations par les exportations s’est parallèlement établi à 71,4 %.

L’énergie constitue l’un des principaux facteurs de ce déséquilibre. La facture énergétique représente à elle seule 8,9 milliards de dinars du déficit commercial, soit environ 2,6 milliards d’euros.

Des importations énergétiques et alimentaires en hausse

La pression exercée par les importations ne concerne pas uniquement l’énergie.

Les achats de produits énergétiques ont progressé de 28,5 %, tandis que les importations de produits alimentaires ont augmenté de 17,1 % sur la période étudiée.

Cette évolution illustre la difficulté pour la Tunisie de transformer la progression de certaines exportations en amélioration durable de son solde extérieur.

L’huile d’olive apporte des recettes importantes en devises, mais celles-ci doivent être mises en regard du coût des importations énergétiques et alimentaires.

L’Union européenne reste le principal débouché

La géographie des échanges tunisiens demeure fortement orientée vers l’Europe.

Plus de 70 % des exportations tunisiennes sont destinées à l’Union européenne, notamment à la Franc

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