Tunisie-Libye : Kaïs Saïed appelle à lever les obstacles aux frontières

Le président tunisien Kaïs Saïed a appelé à renforcer la concertation avec les autorités libyennes afin de faciliter la circulation des personnes et des marchandises entre les deux pays. Une demande qui intervient alors que les échanges transfrontaliers constituent un enjeu économique majeur pour le sud-est tunisien.

Le président tunisien Kaïs Saïed a appelé à accélérer les consultations avec la Libye pour supprimer les obstacles qui entravent la circulation des personnes et des marchandises aux différents postes-frontières entre les deux pays.

Selon Webdo, cette question a été abordée lors d’un entretien téléphonique tenu mercredi 2 septembre 2026 entre Kaïs Saïed et le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed al-Menfi. La présidence tunisienne a indiqué que les deux responsables avaient notamment évoqué les relations bilatérales et la nécessité d’intensifier la coopération face aux différents défis.

Faciliter la circulation aux frontières

Au cours de l’échange, Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité d’accélérer le rythme des consultations bilatérales afin de « lever tous les obstacles » et de permettre une circulation plus fluide dans les deux sens.

L’objectif concerne aussi bien les voyageurs que les marchandises transitant par les principaux points de passage terrestres entre les deux pays. Webdo souligne que cette question revêt une importance particulière pour les régions du sud tunisien, dont une partie de l’activité économique dépend directement des échanges avec la Libye.

Les postes de Ras Jedir et de Dhehiba-Wazen constituent à cet égard des points de passage essentiels. Ils assurent une partie importante des déplacements terrestres et du commerce entre la Tunisie et la Libye.

Ben Guerdane au cœur des préoccupations

L’appel présidentiel intervient également dans un contexte de préoccupations économiques dans le sud-est tunisien, notamment à Ben Guerdane.

D’après Webdo, une marche organisée le 31 août par des structures syndicales locales et régionales avait mis en avant les difficultés économiques rencontrées dans la région ainsi que les restrictions qui, selon les organisateurs, affecteraient les échanges commerciaux au niveau du poste de Ras Jedir.

La fluidité du trafic frontalier représente un enjeu particulièrement sensible pour les acteurs économiques installés dans les zones proches de la frontière. Les variations du passage des personnes et des marchandises peuvent directement affecter les commerçants, les transporteurs et différentes activités dépendantes du commerce transfrontalier.

Une coopération recherchée entre Tunis et Tripoli

Au-delà de la question des postes-frontières, l’entretien entre Kaïs Saïed et Mohamed al-Menfi a porté plus largement sur les relations tuniso-libyennes.

Le président tunisien a appelé à renforcer la coopération et la concertation entre les deux pays afin de faire face aux défis communs. Cette approche s’inscrit dans la volonté affichée par Tunis de maintenir des relations étroites avec son voisin libyen.

La Tunisie partage avec la Libye une frontière terrestre de plusieurs centaines de kilomètres et entretient avec elle des relations économiques, commerciales et humaines particulièrement importantes pour les régions frontalières.

Tunis réaffirme sa position sur la crise libyenne

Au cours de l’entretien, Kaïs Saïed a également réaffirmé la position traditionnelle de la Tunisie concernant la crise politique libyenne : la défense de l’unité de la Libye et la recherche d’une solution issue des Libyens eux-mêmes.

Selon le compte rendu rapporté par Webdo, le président tunisien a renouvelé son attachement à une solution « libyo-libyenne », estimant que les Libyens disposent des capacités nécessaires pour parvenir aux solutions qu’ils jugent acceptables afin d’assurer la sécurité, la stabilité, le développement et la prospérité de leur pays.

Cette position traduit la volonté de Tunis de privilégier le dialogue entre les différentes parties libyennes tout en évitant de s’immiscer directement dans les rapports de force politiques internes.

Un enjeu économique pour le sud tunisien

La question frontalière dépasse ainsi le seul cadre diplomatique. Pour les régions du sud-est tunisien, la relation avec la Libye constitue un élément important de l’activité commerciale.

La demande de Kaïs Saïed intervient donc à la fois sur le terrain diplomatique et économique. La levée des obstacles aux frontières pourrait contribuer à fluidifier les échanges et à réduire les difficultés rencontrées par les populations et les opérateurs économiques dépendant du trafic transfrontalier.

Pour Webdo, cette priorité s’inscrit dans un contexte où les conditions du commerce via Ras Jedir suscitent des préoccupations locales.

Vers une accélération de la coordination bilatérale ?

L’appel du président tunisien ouvre désormais la voie à une intensification des consultations entre Tunis et Tripoli. La question sera notamment de savoir quelles mesures concrètes pourront être adoptées pour améliorer les conditions de passage aux frontières et assurer une circulation plus régulière des personnes et des marchandises.

La coordination entre les autorités des deux pays apparaît d’autant plus importante que les difficultés aux frontières ont des conséquences qui dépassent le simple contrôle des passages. Elles touchent directement les échanges commerciaux, les populations des régions frontalières et les relations économiques entre la Tunisie et la Libye.

La présidence tunisienne entend ainsi faire de la coopération bilatérale un instrument permettant de réduire ces obstacles, tout en maintenant sa ligne diplomatique en faveur de la stabilité et de l’unité de la Libye.

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