Rabat — Dans une publication récente sur les réseaux sociaux, un ancien journaliste du magazine L’Observateur du Maroc a dressé un bilan sans concession des choix politiques d’Ahmed Charai, patron du groupe média comprenant notamment Méd Radio et le journal
L’Événement (Al Ahdath). À travers un retour sur trois échéances électorales clés (2012, 2016 et 2026), l’auteur met en lumière la stratégie d’influence de l’homme d’affaires, qualifiant ses paris politiques de « financièrement gagnants, mais moralement perdants ».Un historique de choix politiques contestés
L’analyse retrace la ligne éditoriale imposée par la direction du groupe lors des moments cruciaux de la politique marocaine récente :
* En 2012 : L’épisode de la coalition G8 Selon le témoignage, la rédaction de L’Observateur s’était vue ordonner d’offrir une couverture privilégiée au « G8 », une alliance politique hétéroclite menée par Salaheddine Mezouar visant à contrer l’ascension du PJD (Parti de la Justice et du Développement). Résultat : un échec électoral cuisant pour cette coalition et l’éviction temporaire de son leader.
* En 2016 : Le pari Ilyas El Omari Lors des élections suivantes, l’appareil médiatique de Charai s’est mobilisé en faveur d’Ilyas El Omari, alors figure centrale du PAM (Parti Authenticité et Modernité), allant jusqu’à organiser une émission radio spéciale depuis un grand hôtel de Casablanca. Là encore, le scénario s’est soldé par un revers politique face au PJD, suivi quelques années plus tard par les déboires judiciaires de figures clés ayant soutenu cette dynamique.
* En 2026 : Géopolitique et jeux d’influence Pour l’échéance de 2026, l’auteur soutient que la stratégie d’influence s’est intensifiée, portée par des ressources financières accrues et des connexions renforcées à l’international, notamment après les accords de normalisation. Le soutien renouvelé au PAM est perçu par le chroniqueur comme un signal d’intérêts extérieurs cherchant à peser sur le paysage politique national.Succès financier contre éthique journalistique
La critique ne porte pas sur le travail des journalistes du groupe — envers lesquels l’auteur exprime son respect —, mais cible directement la gouvernance d’Ahmed Charai et ses directeurs.
L’alignement répété sur des acteurs politiques sortis perdants du scrutin illustre, selon le texte, une déconnexion entre le traitement médiatique orienté et les réalités des urnes.
En conclusion, la publication souligne le contraste entre la rentabilité économique de ces opérations de communication d’influence et leur coût éthique, estimant que ces liaisons d’intérêts finissent par nuire aux intérêts nationaux.
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