New York — La question du Sahara occidental s’est de nouveau invitée au cœur des débats de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Lors de son intervention à New York, le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a réaffirmé la position de Rabat en faveur d’une solution fondée sur le plan d’autonomie proposé par le Maroc.
Selon El Independiente, le chef de la diplomatie marocaine a présenté la situation au Sahara occidental comme étant entrée dans un « point d’inflexion historique », en référence à la résolution 2797 du Conseil de sécurité adoptée près d’un an auparavant. Nasser Bourita a notamment soutenu que le règlement du conflit devait désormais s’inscrire dans le cadre de l’autonomie « sous souveraineté marocaine ».
Rabat veut recentrer les négociations sur l’autonomie
Dans son intervention, Nasser Bourita a estimé que le processus politique conduit sous l’égide des Nations unies devait être fondé « exclusivement » sur le plan d’autonomie présenté par Rabat. Il a également affirmé que le statu quo ne pouvait pas constituer une solution durable au conflit.
Cette lecture de la résolution du Conseil de sécurité fait toutefois l’objet de divergences. El Independiente relève que le texte cité par le ministre marocain ne reconnaît pas explicitement la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental et ne présente pas le plan d’autonomie comme l’unique solution au différend. Le journal souligne que la résolution considère cette proposition comme faisant partie des options jugées réalisables dans le cadre du processus politique.
Rabat entend néanmoins faire de cette proposition le principal cadre des futures négociations, alors que le Front Polisario continue de rejeter cette approche et revendique l’organisation d’un processus permettant au peuple sahraoui de déterminer le statut futur du territoire.
Une intervention qui ne mentionne pas Ceuta
Autre élément relevé lors de cette intervention diplomatique : Nasser Bourita n’a pas évoqué la crise récente autour de Ceuta, malgré les tensions persistantes entre Madrid et Rabat.
D’après El Independiente, cette absence contraste avec les déclarations faites depuis New York par le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez. Dans une interview accordée à CNN, le dirigeant espagnol a déclaré que le mécanisme marocain de contrôle des frontières avait « échoué » lors de l’entrée massive de migrants à Ceuta le 30 juillet et indiqué que Madrid attendait des « réponses et des actions » de la part de Rabat.
Cette crise constitue désormais un autre dossier sensible dans les relations entre l’Espagne et le Maroc. Les deux pays doivent notamment discuter du retour des migrants encore présents à Ceuta, tandis que les autorités espagnoles poursuivent leurs investigations sur les circonstances ayant entouré l’arrivée massive de personnes dans la ville autonome.
Le Sahara au centre de la diplomatie marocaine
La prise de parole de Nasser Bourita confirme ainsi la place centrale occupée par le dossier du Sahara occidental dans la diplomatie marocaine. Rabat cherche à consolider son argumentaire autour du plan d’autonomie et à présenter l’évolution du dossier au Conseil de sécurité comme une étape importante du processus politique.
Le Front Polisario, de son côté, maintient son opposition à cette approche. Le différend reste donc inscrit dans le cadre des efforts diplomatiques menés sous l’égide des Nations unies, avec des positions profondément divergentes entre les parties.
Alors que l’Assemblée générale réunit cette semaine les dirigeants et représentants de nombreux États, le discours marocain vise ainsi à inscrire la question du Sahara dans une dynamique diplomatique favorable à la proposition d’autonomie défendue par Rabat, tout en laissant en arrière-plan les tensions parallèles qui affectent actuellement les relations maroco-espagnoles.
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