Algérie–États-Unis : un nouveau tournant dans les relations bilatérales

Algérie-USA
Le quotidien algérien souligne notamment que le commerce et l’investissement occupent désormais une place croissante dans les échanges entre Alger et Washington. Cette évolution s'accompagne, selon le journal, d'une implication accrue de l'ambassade américaine dans la recherche de nouvelles opportunités économiques en Algérie.

Les relations entre Alger et Washington connaissent une évolution qui dépasse progressivement les cadres traditionnels de la coopération sécuritaire et énergétique. Selon le quotidien algérien El Khabar, les deux pays cherchent désormais à élargir leur partenariat à l’agriculture, au commerce, aux investissements, aux technologies, à l’éducation et à la culture.

Longtemps structurées autour des questions énergétiques, de la sécurité régionale et de la lutte contre le terrorisme, les relations entre l’Algérie et les États-Unis semblent entrer dans une phase de diversification. Dans une analyse publiée le 28 septembre 2026, El Khabar relève une multiplication des échanges dans des secteurs jusque-là moins présents dans l’agenda bilatéral.

Le quotidien algérien souligne notamment que le commerce et l’investissement occupent désormais une place croissante dans les échanges entre Alger et Washington. Cette évolution s’accompagne, selon le journal, d’une implication accrue de l’ambassade américaine dans la recherche de nouvelles opportunités économiques en Algérie.

De l’énergie à une coopération plus diversifiée

D’après El Khabar, cette transformation ne signifie pas la disparition des secteurs historiques de coopération. Les hydrocarbures, l’énergie et la sécurité demeurent des composantes importantes du partenariat, mais elles sont désormais accompagnées par de nouveaux domaines.

Le journal cite notamment les transports, le ferroviaire, les télécommunications, l’aviation, la gestion des ressources hydriques, les énergies renouvelables, la défense, l’agriculture, la logistique, l’industrie manufacturière et les activités minières. Ces secteurs auraient fait l’objet de discussions entre les représentants américains et algériens.

Cette évolution intervient alors que les contacts diplomatiques se sont multipliés ces derniers mois. Le 25 septembre, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, s’était notamment entretenu avec le vice-secrétaire d’État américain Christopher Landau au sujet de l’évolution des relations bilatérales et de leur élargissement à plusieurs domaines prioritaires.

Deux jours plus tard, Ahmed Attaf a également échangé avec Massad Boulos, conseiller principal du président américain Donald Trump pour les affaires arabes et africaines. Selon l’ambassade des États-Unis à Alger, les discussions ont porté sur le partenariat algéro-américain, l’élargissement des échanges commerciaux et les possibilités d’investissement, ainsi que sur la paix et la sécurité régionales.

Plus de 120 entreprises américaines présentes en Algérie

Sur le plan économique, El Khabar rapporte, citant des données américaines, que plus de 120 entreprises américaines sont actuellement actives en Algérie. D’autres sociétés seraient parallèlement à la recherche d’opportunités sur le marché algérien.

L’agriculture figure parmi les secteurs identifiés comme offrant de nouvelles perspectives. L’ouverture du marché algérien aux vaches laitières américaines et au matériel génétique bovin constitue, selon la partie américaine citée par le journal, une étape supplémentaire dans le développement de cette coopération.

Le projet d’importation d’environ 30 000 vaches américaines pour contribuer au projet laitier « Baladna », développé avec le Qatar dans la région d’Adrar, est présenté comme l’un des exemples les plus significatifs de cette nouvelle orientation.

Les échanges agricoles comprennent également le soja américain, utilisé notamment dans la fabrication d’aliments destinés à l’aviculture et à l’élevage en Algérie. Washington chercherait par ailleurs à développer les exportations d’équipements agricoles, notamment dans l’irrigation, l’agriculture intelligente utilisant l’intelligence artificielle, le stockage et la chaîne du froid.

Une dimension culturelle et éducative

La nouvelle dynamique ne serait toutefois pas limitée aux domaines économiques.

El Khabar évoque également une montée en puissance des échanges culturels et éducatifs, notamment autour de l’apprentissage de l’anglais. Le journal rapporte que l’ambassade américaine développe des espaces et des programmes destinés à accompagner l’intérêt croissant pour cette langue.

L’analyste et universitaire Laïd Zeglami, cité par El Khabar, estime que les relations algéro-américaines évoluent d’une relation principalement centrée sur le pétrole et la sécurité vers une coopération plus large, englobant les dimensions économique, commerciale, culturelle, scientifique et éducative.

Selon cette analyse, cette évolution répond également aux transformations des aspirations d’une partie de la jeunesse algérienne, davantage tournée vers l’apprentissage de nouvelles langues et vers une ouverture à plusieurs espaces culturels et économiques.

Un rapprochement qui intervient dans un contexte régional particulier

Cette diversification des relations intervient dans un environnement régional marqué par de nombreuses recompositions diplomatiques et sécuritaires, notamment au Sahel et en Méditerranée.

Les contacts récents entre responsables algériens et américains montrent que le dialogue ne se limite plus aux questions économiques. Les deux parties échangent également sur les dossiers régionaux et internationaux, alors que Washington cherche à maintenir des canaux de coopération avec Alger sur les questions de sécurité et de stabilité régionale.

Dans ce contexte, le développement des relations économiques et commerciales pourrait constituer un nouveau pilier du partenariat algéro-américain, parallèlement aux liens établis dans les domaines énergétique et sécuritaire.

Pour El Khabar, cette évolution traduit ainsi une diversification progressive de la relation entre Alger et Washington, avec l’apparition de nouveaux domaines de coopération allant de l’agriculture aux technologies, en passant par l’industrie, les investissements, l’éducation et la culture.

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