Maroc : Fatima Ezzahra El Mansouri, de Marrakech à la primature, le parcours de la première femme à diriger le gouvernement PAM

La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri marque une étape inédite dans l’histoire politique du Maroc. Le 29 septembre 2026, le roi Mohammed VI l’a nommée cheffe du gouvernement et chargée de former le nouvel exécutif, conformément à l’article 47 de la Constitution. Cette désignation est intervenue après la victoire du Parti Authenticité et Modernité (PAM) lors des élections législatives du 23 septembre (Photo : Wikimedia Commons)

De la mairie de Marrakech aux plus hautes fonctions de l’exécutif marocain, Fatima Ezzahra El Mansouri a construit en près de deux décennies une carrière politique qui la conduit aujourd’hui à devenir la première femme à prendre la tête du gouvernement du Maroc.

La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri marque une étape inédite dans l’histoire politique du Maroc. Le 29 septembre 2026, le roi Mohammed VI l’a nommée cheffe du gouvernement et chargée de former le nouvel exécutif, conformément à l’article 47 de la Constitution. Cette désignation est intervenue après la victoire du Parti Authenticité et Modernité (PAM) lors des élections législatives du 23 septembre.

À 50 ans, cette avocate originaire de Marrakech possède déjà une longue expérience politique et institutionnelle. Avant d’accéder à la primature, elle a notamment occupé le portefeuille de l’Aménagement du territoire national, de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Politique de la ville entre 2021 et 2026. Elle a également dirigé à deux reprises le conseil communal de Marrakech.

Une formation juridique entre Rabat, Montpellier et les États-Unis

Née le 3 janvier 1976 à Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri a d’abord suivi des études de droit à l’université Mohammed V de Rabat, où elle a obtenu une licence en droit privé.

Son parcours universitaire s’est ensuite poursuivi en France. Elle a obtenu un DEA en droit des contrats d’affaires à l’université de Montpellier. Elle a également suivi une formation en droit anglo-saxon à Pace University, aux États-Unis.

Devenue avocate spécialisée dans le droit foncier et immobilier, elle est inscrite au barreau de Marrakech depuis 2005. Cette formation juridique constituera l’un des fondements de son parcours professionnel avant son entrée en politique.

Une ascension politique commencée à Marrakech

Son engagement politique débute en 2007 au sein du Mouvement de tous les démocrates. Un an plus tard, elle participe à la création du Parti Authenticité et Modernité, formation fondée en 2008.

En juin 2009, elle accède à la présidence du conseil communal de Marrakech. Elle devient alors la première femme à diriger la ville ocre, à seulement 33 ans. Elle retrouvera cette fonction en 2021, parallèlement à ses responsabilités gouvernementales.

Son parcours se poursuit également au Parlement. Elle est députée entre 2011 et 2016, puis de nouveau entre 2016 et 2021. Au sein du PAM, elle préside par ailleurs le conseil national du parti de 2015 à 2024.

Depuis 2024, elle exerce la fonction de coordinatrice de la direction collégiale du PAM, avant de devenir la personnalité chargée de former le nouveau gouvernement marocain.

Une figure déjà identifiée sur la scène politique marocaine

Son parcours avait commencé à attirer l’attention bien avant son accession à la primature. En 2014, elle figurait notamment dans une sélection de Forbes consacrée à de jeunes femmes africaines considérées comme influentes. La même année, elle a été désignée Young Global Leader.

Son profil associe ainsi plusieurs dimensions : une formation juridique internationale, une expérience locale à Marrakech, une présence parlementaire et une longue implication au sein du PAM.

Cette trajectoire explique en partie pourquoi son nom s’est progressivement imposé dans le paysage politique marocain.

Une nomination après la victoire du PAM

La désignation de Fatima Ezzahra El Mansouri intervient dans le sillage des législatives du 23 septembre 2026. Le PAM est arrivé en tête avec 97 sièges sur 395, devant le Rassemblement national des indépendants (RNI), qui en a obtenu 66, et l’Istiqlal, avec 65 sièges.

Cette configuration oblige la nouvelle cheffe du gouvernement à engager des négociations avec plusieurs formations afin de constituer une majorité parlementaire. Selon Reuters, El Mansouri a déclaré qu’il n’y aurait pas de « lignes rouges » dans les discussions de coalition.

La nouvelle équipe gouvernementale devra également gérer plusieurs dossiers structurants, notamment les dernières étapes des préparatifs marocains pour la Coupe du monde 2030, organisée conjointement avec l’Espagne et le Portugal, ainsi que les questions économiques et sociales qui ont marqué la période précédant les élections.

Une première historique

Avec cette nomination, Fatima Ezzahra El Mansouri devient la première femme à diriger le gouvernement marocain. Elle est également la deuxième femme dans le monde arabe à occuper cette fonction, après la Tunisienne Najla Bouden.

Son accession à la primature constitue donc une rupture symbolique dans l’histoire politique du royaume. Mais au-delà de cette dimension historique, son principal défi immédiat sera de former une majorité et de conduire le nouvel exécutif dans un contexte marqué par d’importants enjeux économiques, sociaux et institutionnels.

De la mairie de Marrakech à la direction du gouvernement, son parcours illustre en tout cas l’ascension progressive d’une personnalité politique qui a construit sa carrière entre le droit, les collectivités locales, le Parlement, le PAM et l’exécutif.

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Source : BFMTV

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