L’apparition de Greta Thunberg au Zurich Film Festival (ZFF) devait être consacrée au Sahara occidental et à la situation des réfugiés sahraouis. Elle s’est finalement retrouvée au cœur d’une polémique inattendue : alors que le débat affichait complet, près de 260 des 300 sièges de la salle sont restés vides. Une situation qui a fait naître des soupçons de sabotage.
Selon les informations rapportées par 20 Minuten et Blue News, le débat organisé mercredi au cinéma Corso 2 affichait complet avant l’événement. Les réservations avaient même été suffisamment nombreuses pour que le festival décide de limiter le nombre de billets à quatre par personne. Pourtant, au moment du débat, seules environ 40 personnes auraient pris place dans une salle pouvant en accueillir 300.
Des réservations massives et des sièges désertés
Le contraste entre le nombre de réservations et l’affluence réelle a rapidement interpellé les organisateurs. Le Zurich Film Festival a confirmé que la demande avait été particulièrement forte et que certaines réservations portaient sur un nombre important de places.
Le festival affirme toutefois ne pas être en mesure de déterminer si ces réservations massives constituaient une opération coordonnée destinée à empêcher le public d’assister à la rencontre. À ce stade, aucune preuve publique ne permet donc d’établir de manière indépendante qu’une opération de sabotage a effectivement été organisée.
Mais pour Greta Thunberg et l’équipe du documentaire présenté au festival, l’hypothèse d’une action volontaire ne peut pas être écartée.
Greta Thunberg met en cause le Maroc
La militante suédoise est allée plus loin en évoquant publiquement la possibilité d’une implication marocaine. Selon les informations rapportées par les médias suisses, elle estime que la multiplication des réservations suivie d’une salle presque vide pourrait avoir pour objectif de réduire la visibilité de la cause sahraouie.
Cette accusation reste toutefois non étayée par des preuves publiques. Une demande adressée à l’ambassade du Maroc serait restée sans réponse, selon les informations rapportées par la presse suisse.
Le Zurich Film Festival, de son côté, reste prudent et ne confirme pas l’existence d’une opération organisée.
Un débat consacré au Sahara occidental
La polémique intervient dans un contexte particulièrement politique. Greta Thunberg était présente à Zurich dans le cadre de la présentation du documentaire « My Home of Wind and Sand », consacré à Najla Mohamed Lamin, une militante sahraouie née dans un camp de réfugiés en Algérie.
Le film suit son parcours et son engagement en faveur de la cause sahraouie. Sa première mondiale avait été organisée la veille au ZFF devant une salle pleine. Greta Thunberg avait participé à la projection ainsi qu’à une séance de questions-réponses.
Lors de son intervention, l’activiste a établi un lien entre la situation des Sahraouis, la crise climatique et la question de la justice sociale. Elle avait notamment expliqué que les populations vivant dans les camps de réfugiés contribuent très peu au changement climatique tout en étant particulièrement exposées à ses conséquences.
« Faire passer le message »
Après la projection du documentaire, Greta Thunberg avait décrit le film comme le récit d’une « trahison », faisant référence à l’occupation et à ce qu’elle considère comme l’oubli international du conflit du Sahara occidental. Elle avait appelé les personnes disposant d’une tribune publique à parler davantage de la situation des Sahraouis.
La présence de la militante suédoise au ZFF marque ainsi une nouvelle étape dans son engagement sur cette question. Après avoir construit sa notoriété internationale autour de la lutte contre le changement climatique, Thunberg intervient désormais également sur des questions liées aux droits des peuples et à la justice climatique.
Une accusation qui reste à établir
Le phénomène observé à Zurich demeure donc entouré d’incertitudes. Les faits établis sont les suivants : l’événement était annoncé complet, les réservations avaient été nombreuses et la salle s’est finalement retrouvée largement vide. Le ZFF a confirmé ces éléments.
En revanche, l’existence d’une opération de sabotage et son éventuelle attribution au Maroc ne sont pas établies à ce stade. Il s’agit d’une hypothèse avancée par Greta Thunberg et l’équipe du film, que les organisateurs du festival disent ne pas pouvoir confirmer.
Une chose est néanmoins certaine : le débat qui devait mettre en lumière le documentaire « My Home of Wind and Sand » et la situation des Sahraouis s’est transformé en un nouvel épisode de la controverse autour de la visibilité internationale de la cause sahraouie.
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