Le Maroc veut renforcer la coopération régionale face aux défis climatiques. Réuni au Caire à l’occasion de la 37e session du Conseil des ministres arabes chargés de l’Environnement, le Royaume a appelé à intensifier les échanges entre les pays arabes, mais également les partenariats arabo-africains et la coopération Sud-Sud.
Au cours de cette réunion, la délégation marocaine a mis l’accent sur plusieurs enjeux considérés comme prioritaires pour la région : la lutte contre la désertification et la sécheresse, la sécurité hydrique et alimentaire, la restauration des terres, la protection des écosystèmes ainsi que la gestion durable des espaces pastoraux.
Renforcer les échanges de technologies et de savoir-faire
Rabat a également insisté sur l’importance du partage des connaissances et des technologies afin de permettre aux pays de mieux anticiper et gérer les conséquences du changement climatique.
Le développement de systèmes d’alerte précoce, le recours aux solutions fondées sur la nature et le renforcement des capacités nationales figurent parmi les pistes mises en avant par la délégation marocaine.
La question du financement occupe également une place centrale. Le Maroc estime nécessaire de faciliter l’accès des pays arabes et africains aux ressources financières internationales destinées à l’action climatique et environnementale, alors que les besoins en matière d’adaptation et de résilience continuent de progresser.
Les espaces pastoraux au cœur des discussions
La 37e session du Conseil a accordé une attention particulière aux zones pastorales, choisies comme l’un des thèmes majeurs de la réunion. Ces territoires sont particulièrement exposés aux effets combinés de la sécheresse, du stress hydrique, de la dégradation des sols et de l’érosion de la biodiversité.
Au Maroc, les terres pastorales représentent plus des deux tiers du territoire national. Elles jouent un rôle économique et social important pour les populations qui en dépendent, notamment à travers les activités d’élevage.
Dans ce contexte, plusieurs projets ont été engagés pour aménager et valoriser ces espaces, parallèlement au développement des filières de la viande rouge, du lait et de l’élevage camelin. Un cadre juridique consacré aux activités pastorales vise également à organiser la transhumance et à favoriser une utilisation plus durable des ressources.
À l’approche de la COP31
La réunion du Caire intervient à quelques semaines de la COP31, prévue du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Türkiye. Pour le Maroc, cette échéance constitue une nouvelle occasion de faire avancer les discussions internationales sur l’adaptation au changement climatique, le financement et le renforcement de la résilience des territoires.
Le Royaume défend parallèlement une approche davantage axée sur l’anticipation et la prévention des risques. Les politiques menées dans les domaines de l’eau, de l’énergie, de la biodiversité, du climat et de la lutte contre la dégradation des terres s’inscrivent dans cette orientation.
La délégation marocaine au Caire était conduite par Mohamed Ait Ouali, ambassadeur du Royaume en Égypte et représentant permanent auprès de la Ligue des États arabes. Elle comprenait également Ikram Belaarbi, secrétaire des Affaires étrangères auprès de la représentation du Royaume auprès de la Ligue, ainsi que Nosra El Ghayati, cheffe de la division de la coopération internationale au ministère de la Transition énergétique et du Développement durable.
À travers cette participation, Rabat cherche ainsi à inscrire les enjeux climatiques dans une dynamique de coopération régionale, en associant les réponses arabes aux partenariats africains et à la coopération Sud-Sud.
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