La rencontre entre Mike Waltz et une délégation sahraouie est présentée par plusieurs commentateurs comme un signal politique intervenant à quelques semaines du vote sur la MINURSO. Les publications analysées soulignent surtout le fait que Washington continue de dialoguer avec des représentants sahraouis alors que Rabat cherche à faire de son initiative d’autonomie le cadre central du règlement du dossier.Une photographie publiée à Washington suscite des commentaires sur la trajectoire du processus politique consacré au Sahara Occidental. Elle montre l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Mike Waltz, en compagnie de représentants sahraouis.Pour Taleb Alisalem, cette image possède une portée qui dépasse largement celle d’une rencontre diplomatique ordinaire. Dans une publication consacrée à la photographie, il estime qu’elle intervient à un moment particulièrement significatif, alors que le Maroc chercherait à consolider son alignement avec l’administration Trump et Israël et à présenter le Front Polisario comme un acteur marginal.Selon cette lecture, la réception d’une délégation de haut niveau du Polisario à Washington constitue au contraire la démonstration que celui-ci demeure un interlocuteur du processus politique.Le Polisario toujours au cœur du processusTaleb Alisalem relie cette rencontre aux déclarations attribuées à Massad Boulos, conseiller de Donald Trump pour l’Afrique et le Moyen-Orient. Il rappelle que Boulos aurait indiqué que Washington attend toujours une réponse formelle du Polisario et que le processus politique ne pourrait pas parvenir à son terme sans cette réponse.L’auteur de la publication y voit un élément important : alors que Rabat chercherait à présenter son plan d’autonomie comme déjà largement reconnu et soutenu, les États-Unis continueraient à dialoguer directement avec le Polisario sur l’avenir du Sahara Occidental.Cette interprétation est également développée dans une seconde publication, signée Ana Stella. Celle-ci met davantage l’accent sur la notion de « pression ».« La base pour une solution est sur la table »Ana Stella s’appuie notamment sur le message publié par Mike Waltz après sa rencontre avec des représentants sahraouis. L’ambassadeur américain y présente le Mouvement sahraoui pour la paix comme constitué de « voix sahraouies engagées en faveur de la paix, du compromis et d’une solution durable », avant d’ajouter : « Le monde devrait les écouter. »La publication d’Ana Stella relève cependant que Waltz rappelle également que « la base pour une solution est sur la table ».Elle interprète cette formulation comme une référence à l’autonomie marocaine mentionnée dans la résolution 2797 du Conseil de sécurité. Selon elle, le désaccord persiste précisément parce que le Polisario ne considérerait pas cette « base » comme un cadre de négociation suffisant et continuerait de mettre en avant le principe d’autodétermination.Cette lecture est celle de l’autrice de la publication et ne constitue pas, dans les éléments visibles sur les images, une explication officielle de Washington.Bourita et Sa’ar également reçus par WaltzAna Stella rappelle par ailleurs qu’environ deux semaines auparavant, Mike Waltz avait réuni à New York le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita et son homologue israélien Gideon Sa’ar.Elle souligne ainsi une apparente coexistence de deux démarches diplomatiques : d’une part, des contacts de haut niveau avec Rabat et Israël ; d’autre part, un dialogue avec des représentants sahraouis.La photographie prend, selon cette analyse, une dimension supplémentaire du fait de son calendrier. Ana Stella souligne qu’elle intervient environ un mois avant le vote concernant la MINURSO, et y voit un signal adressé aux différentes parties.« Sans le Polisario, Washington ne peut pas clore le dossier »C’est l’une des principales conclusions avancées dans la seconde publication.Pour Ana Stella, la réception de représentants sahraouis montre que Washington ne peut pas considérer le dossier comme définitivement réglé sans la participation du Polisario au processus.Taleb Alisalem développe une idée proche : selon lui, le fait même que Washington continue de recevoir le Polisario contraste avec le discours visant à présenter le mouvement comme appartenant au passé.La photographie apparaît ainsi, dans les deux commentaires analysés, comme un élément de lecture de la diplomatie américaine : Washington maintient simultanément ses contacts avec Rabat et avec des représentants sahraouis, tandis que la question du cadre d’un règlement politique demeure au centre des discussions.L’image ne constitue donc pas, à elle seule, la preuve d’un changement de position américain. Mais les commentaires qui l’accompagnent y voient un indicateur du maintien du Polisario dans le jeu diplomatique autour de l’avenir du Sahara Occidental.
Washington reçoit le Polisario : une photographie qui relance les interrogations sur le processus du Sahara occidental
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