Comme attendu, la proclamation de l’innocence du diplomate Mohamed-Ziane Hasseni a redonné de la vigueur à la relation franco-algérienne. Huit jours après le non-lieu rendu par la cour d’appel de Paris, le président Nicolas sarkozy a nommé un « M. Algérie » avec pour mission de d’identifier et de lever les obstacles entre la France et l’Algérie pour leurs investissements économiques respectifs.
Conformément à un engagement conclu entre le Premier algérien, Ahmed Ouyahia, et le numéro 2 de l’Elysée, Claude Guéant, c’est une personnalité de haut niveau qui a été choisie. Il ‘agit de Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre de l’ex-président Jacques Chirac de 2002 à 2005. Dans ses fonctions, il a contribué à écrire une belle page de la relation bilatérale puiqu’il était là au moment où les chefs d’Etat de deux pays avaient réussi à sceller une grande complicité au point d’envisager un Traité d’amitié qui na finalement pas été signé.
Loin du premier cercle sarkozyste, M. Raffarin est un homme qui n’a pas hésité à prendre des distances à l’égard de certaines thématiqes du parti présidentiel. Cette position lui donne plus de crédibilité dans la mission qui lui est dévolue puisque les relations de l’Algérie avec l’UMP et ses principaux dirigeants sont quasiment inexistantes. Centriste, le sénateur n’est pas sur la même ligne anti-immigrés et anti-islam de certains de ses pairs. A Matignon, sa plume était le Franco-tunisien Hakim El karoui.
Au plus fort de la polémique sur les propos malveillants de Mohamed-Chérif Abbas sur le président Sarkozy, il avait prôné l’apaisement demandant qu’on « ne jette pas de l’huile sur le feu ». M. Raffarin a déjà eu à mener à bien une mission confier par Nicolas Sarkozy: remettre de l’ordre dans la relation avec la Chine.
Avec la mission qui lui est confiée, il va devenir l’interlocuteur des responsables algériens qui ne veulent surtout pas rencontrer le chef de la diplomatie Bernard Kouchner qui brûle pourtant d’envie de se rendre à Alger. Mais l’ancien french doctor est perçu comme un obstacle à une relation apaisée. Sa gestion catastrophique du dossier de Mohamed-Ziane Hasseni qu’il a voué au mépris pendant qu’il accordait toute sa déférence à la Rwandaise Rose Kabuyé, a laissé des traces difficiles à effacer.
Si M. Koucher devait – hypothèse improbable – survivre au prochain remaniement ministériel, il ne trouvera personne pour l’accueillir à Alger. Mais déjà, il peut se considérer dessaisi du dossier Algérie avec la mission confiée à M. Raffarin. Au demeurant, il n’a pas de prise sur les affaires diplomatiques de son pays, gérées depuis l’Elysée par Jean-David Levitte et Claudé Guéant. A son sujer, un de ses collègues du gouvernement a eu cette jolie formule: Kouchner est heureux d’être ministre des Affaires étrangères mais souffre de ne pas être le chef de la diplomatie.
Viva l’Algérie, 8/9/2010

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