Des scientifiques espagnols et algériens collaborent à l’étude de la première occupation humaine en Afrique du Nord

0

Dans les gisements d’Ain Hanech, ils ont récupéré de l’industrie lithique olduvayense, associée à des os d’animaux et à de nombreux outils achelènes

Scientifiques du Centre National de Recherche sur l’Évolution Humaine (CENIEH) et du Centre algérien de Recherches Préhistoriques, Anthropologiques et historiques (CNRPAH) ont mené en juillet une nouvelle campagne d’excavation dans le complexe d’Ain Hanech, au nord-est de l’Algérie, pour poursuivre l’enquête sur la première occupation humaine en Afrique du Nord.

Mohamed Sahnouni, coordinateur du programme d’archéologie du CENIEH, qui dirige depuis 1992 la recherche à Ain Hanech, a noté que la campagne 2019 a été très fructueuse en ce sens qu’elle a permis de recueillir des données pertinentes pour une étude plus approfondie de l’évolution et du comportement des premiers hominidés dans le nord du continent africain, il y a entre 2, 4 et 1,7 millions d’années, par rapport à son écologie environnante.

Ain Hanech est constitué de divers sites archéologiques paléontologiques du Plio-pleistocène avec des centaines de mètres de dépôts sédimentaires contenant une faune fossile similaire à la savane, associée à des outils lithiques olduvayiens (Mode I) qui oscillent entre 2, 4 et 1,7 millions d’années d’antiquité, ce qui laisse penser qu’il s’agit événements archéologiques les plus anciens en Afrique du Nord.

Related Posts
1 of 14

La campagne de cette année a été axée sur l’extension des fouilles au niveau supérieur du gisement Ain Boucherit, vieux de 1,92 million d’années, et sur le gisement d’El-kherba, vieux de 1,7 million d’années, en prélevant des échantillons pour des études sédimentologiques et micromorphologiques sur le gisement Ain Hanech, âgé de 1,7 million d’années, et en cherchant les outils achelenses qui ont remplacé l’olduvayan.

À Ain Boucherit, le gisement s’est élargi vers le sud et des outils olduvayens associés à des os fossiles d’animaux ont été récupérés, dont certains ont été volontairement modifiés par les premiers hominidés, y compris les os fossiles avec des marques de coupe et des marques d’outils de percussion.

À El-kherba, ils ont récupéré l’industrie de la litière oldouine, associée à des os fossiles d’hippopotames, de rhinocéros, d’équidés, de bovidés et de carnivores. Quant à Ain Hanech, l’objectif de l’échantillonnage des sédiments a été d’étudier en profondeur le mode d’accumulation des restes et de reconstruire le paléoambien du gisement.

En outre, de nombreux outils achelenses (originaires du paléolithique inférieur) ont été découverts dans les dépôts de carbonates qui scellent la séquence stratigraphique d’Ain Boucherit-Ain Hanech. «Au cours de la prochaine phase de nos recherches, nous étudierons la chronologie de ces outils pour documenter le moment où l’occupation Achelense a succédé à l’occupation olduvayense en Afrique du Nord», explique Mohamed Sahnouni.

Tags : Algérie, CENIEH, CNRPAH, Ain Boucherit, Ain Hanech, archéologie,

Leave A Reply

Your email address will not be published.