Maghreb des Hommes, ou Merci Les Verts

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Mohammed Talbi

La joie, comme la douleur, sans conditions, sans concessions, ni contrepartie, unissent les coeurs.

Rassemblent frères et soeurs dans l’euphorie, ou dans le deuil, bannissent les différends factices, les petits malentendus, les vaines rancoeurs.

Démystifient la manipulation, tombent le voile sur les gâchis de l’Histoire, sur l’inertie des pouvoirs, sur la barbarie du colonialisme, révèlent et dénoncent ses fatales erreurs.

Car par-delà les frontières arbitraires, par-delà les blessures, les chocs, les déchirures, les scissions obsolètes, éphémères, les peuples, selon qu’ils partagent un bonheur, qu’ils compatissent à un malheur, chantent ou pleurent, main dans la main, en choeur.

Qu’avons-nous fait, pour être ainsi séparés ? Quelle faute avons-nous commise, pour à jamais subir des prédateurs leur mainmise ?
Quel mal y a-t-il à ce que les humains, entre eux, se soutiennent, s’aiment, fraternisent ?

Ceux qui de notre destin tirent les ficelles continuent d’agir, de se conduire comme s’ils étaient encore en terre conquise.

Eux que nous avons aidés à se débarrasser de leurs envahisseurs, à rebâtir leur maison réduite en cendres, et qui nous le rendent en pillant nos richesses, par régimes interposés, sans détours, ni feintise.

Comme si nous étions toujours des colonies, ô cruelle injustice, ô vicieuse ignominie !

Est-il pire condition que d’être riche et de vivre misérable, parce que la cupidité de certains est instiable, infinie ?

Certes, partis vous êtes, mais avant, vous avez sciemment confortablement assis votre hégémonie.

Par le biais de régimes fantôches, à vous fidèles, serviles, complices, mais pour le bien-être de leurs peuples de féroces ennemis.

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Montesquieu, Rousseau, Voltaire, Diderot, et j’en passe ! abolirent pourtant la ségrégation, l’esclavage, la notion de race.

Mais juste après, vous vous êtes jetés sur nous, comme sur une proie facile de féroces rapaces.

Vous avez parcellisé notre terre, asservi ses pauvres gens, puisé si férocement dans ses richesses qu’elle en est lasse.

Et même quand de son sang vous l’avez vidée, vous ne voulez pas relâcher votre emprise, vous continuez de la traire, elle qui depuis longtemps crie  » De grâce ! ».

Des Phéniciens, des Vandales, des Vikings, des romains, des Grecs, des Arabes, des Portugais, des Ottomans, des Espagnols, des Francs, et combien d’autres vinrent sur cette terre.

Des hommes libres, qui souvent furent convertis en mercenaires, qui toujours étaient loyaux, braves, dignes et fiers.

De leur prochain faisaient un frère, se contentant de cultiver leur jardin, de conduire leur cheptel au gré de l’opulence saisonnière.

De chasser, quand il n’y avait pas autre chose à faire pour survivre, de pêcher, pour les habitants des régions côtières.

Désolé, pour les vérités qui blessent, mais mieux vaut être franc, vrai, sincère.

Les peuples, aujourd’hui, savent combien ils ont été leurrés, combien on a toujours insidieusement nourri en eux l’instinct animalier, primitif, vulgaire.

Qui, sans vraie raison, les a conduits à d’absurdes boucheries, à d’interminables, de sanglantes guerres.

Et pour cet élan d’humanisme, ce regain de confiance, d’un vieil espoir la soudaine renaissance, pour cette fierté légitime, je crie : Mille mercis aux Verts !

Tags : Maghreb, Maroc, Algérie, Tunisie, Mauritanie, Libye, UMA, Union, intégration,

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