Algérie : Un avant-goût du vendredi 1er novembre

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Lilia Aït Akli

Le Jeune Indépendant, 29 oct 2019

Les étudiants se sont fortement mobilisés hier lors de la marche hebdomadaire. Rejoints par des citoyens, comme c’est le cas depuis quelques temps, la communauté estudiantine, par son nombre et sa détermination, a donné un avant-goût de la marche de ce vendredi 1er novembre, qui s’annonce déjà grandiose.

Les rues du centre d’Alger ont été, ce mardi, le théâtre d’une grande mobilisation estudiantine. Même point de départ, même itinéraire, mêmes revendications et détermination. Les étudiants ont signé, hier, leur 36e mardi de mobilisation. Avec un aussi grand nombre, ils ont réussi à reproduire les images de la marée humaine qui investit les rues de la capitale et des autres villes du pays depuis le 22 février, produisant ainsi « un vendredi bis ».

Les avant-gardistes du mouvement populaire ont réitéré les mêmes revendications. Promettant une grande mobilisation pour ce vendredi, avec des « Allah Akbar rah dja novembre » qui résonnaient dans le centre-ville d’Alger, les étudiants rejettent l’élection présidentielle dans la conjoncture actuelle. Les « Had blad bladna, makach l’vote » (Ce pays est le nôtre, il n’y aura pas de vote), « makach l’vote maâ el 3issabate » (Pas de vote avec la bande), ou encore « il n’y aura pas de vote, vous ne le ferez pas, Bédoui et Bensalah doivent partir, même si vous deviez nous tirer dessus on ne va pas s’arrêter », fusaient de partout. Les manifestants, dans leurs slogans scandés ou écrits sur des pancartes, réclamaient en outre « une presse libre et une justice indépendante ».

Les étudiants, qui ont commencé leur marche depuis la Place des Martyrs pour ensuite sillonner les principaux axes d’Alger, en passant par la rue Larbi-Ben M’hidi, l’avenue Pasteur pour déboucher sur le boulevard Amirouche et rejoindre par la suite la place Audin, n’ont pas perdu de vue les détenus du hirak. Ils ont réclamé pour la énième fois leur libération. « Libérez nos enfants. Libérez Bouregaa et les autres », ont-ils scandé à gorge déployée, au milieu d’un dispositif sécuritaire important qui est resté dans sa mission d’encadrement. Très solidaires, les étudiants demandent surtout la libération de leur collègue Yasmine Dahmani, arrêtée et incarcérée lors d’une marche.

Les manifestants, qui ont marqué des haltes de temps à autre de façon à se regrouper, ont ironisé sur le chef de l’Etat suite à ses déclarations lors d’une rencontre bilatérale avec le président russe. On lui reproche d’avoir abordé des questions de politique interne avec un président étranger. « On n’humilie pas ce peuple », a-t-on mentionné sur un écriteau, d’autant que cette attitude a été qualifiée par plus d’un « d’humiliante ». Comme pour dire que c’est une affaire de tous, les manifestants n’ont pas cessé d’inviter « les spectateurs » à les rejoindre en leur signifiant que « Vous êtes concernés ». Car pour eux, le peuple est le seul maître de son destin.

« Le peuple est la source du pouvoir », « Rien ne peut arrêter les Algériens. Nul n’a le droit de décider à la place du peuple », pouvait-on lire sur des pancartes des manifestants qui réclament une « Algérie libre et démocratique ». Enfin, les étudiants qui ont fait une grandiose marche,survolée par un hélicoptère tout au long de la manifestation, se sont dispersés dans le calme en entonnant l’hymne national.

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